Approfondir la fraternité franco allemande

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La chronique Europe

vendredi 25 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

Anne Macey fait le point sur le nouveau traité d'Aix-la-Chapelle.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont signé le 22 janvier dernier un nouveau traité d’Aix-la-Chapelle sur la coopération franco-allemande. A quoi ça sert ?

Vous le savez, nous nous sommes mutuellement entredéchirés entre Français et Allemands, avec deux conflagrations mondiales. Nos peuples sont parvenus à se réconcilier et à mettre en commun le charbon et l’acier, c’est-à-dire ce qui nous servait à faire la guerre, afin de garantir une paix durable. C’était la CECA. Nous avions alors cherché à construire une communauté européenne de défense, que le parlement français avait pourtant refusée. C’est la raison pour laquelle le général de Gaulle et Konrad Adenauer avaient signés en 1963 le Traité de coopération francoallemand.

Aujourd’hui, le Traité qui vient d’être signé entre Emmanuel Macron et Angela Merkel ne remet pas en cause, mais approfondit ce traité de l’Elysée, parce que "nous devons nous préparer aux défis auxquels les deux Etats et l’Europe sont confrontés" au XXIe siècle.

C’est un traité de coopération et d’intégration. Concrètement, ça veut dire quoi ?

On a tout entendu récemment parmi les partis extrémistes : vente de l’Alsace Lorraine ! Vente du siège français au conseil de sécurité de l’ONU pour le donner à l’Allemagne, soit autant de mensonges colportés par des gens qui prétendent un jour diriger notre nation… En réalité, il ne s’agit pas de fusionner les deux pays, de se soumettre ou de se démettre, mais de rapprocher les peuples et les nations, parce que nous serons tellement plus forts ensemble, parce que seule l’Europe peut protéger nos peuples.

L’idée est de "faire converger nos économies et nos modèles sociaux vers le haut", notre défense, de favoriser "la diversité culturelle et rapprocher nos sociétés et nos citoyens". Il s’agit de renforcer le moteur francoallemand, qui n’avance pas toujours aussi vite qu’on voudrait, et d’ouvrir cette coopération à tous les Européens qui souhaitent la rejoindre.

Les exemples concrets sont nombreux : défense, promotion de la mobilité et de l’apprentissage des langues, initiatives de citoyens, jumelages de villes, ou même la coopération transfrontalière qui donne un rôle très important aux régions pour résoudre les problèmes en prenant le meilleur des deux législations, mais ce toujours dans le respect des constitutions respectives.  

Mais il n’est pas toujours facile de s’entendre ou même de se comprendre, même quand on est voisin ou cousin, d’où l’importance de travailler davantage ensemble ! D’où la création d’une assemblée francoallemande, avec 50 députés français et 50 députés allemands. Si ce traité n’est certes pas aussi ambitieux que le Traité précédent, ce qui compte c’est qu’on continue à progresser pas à pas!   
 

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Le présentateur

Edouard Simon

Edouard Simon est directeur du bureau de Bruxelles du think-tank Confrontations Europe