​Après les gilets jaunes

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Regard politique

mercredi 19 décembre 2018 à 7h20

Durée émission : 3 min

Regard politique

Chaque mercredi François Ernenwein vous propose son analyse politique.

Le pouvoir accélère donc pour accompagner la sortie de la crise des gilets jaunes.

En son sein tout le monde est d’accord : il ne faudra plus tarder à préciser et à mettre en œuvre les engagements sociaux pris par Emmanuel Macron lors de son intervention télévisée du lundi 10 décembre.
Tout retard aurait des effets délétères sur la tentative du pouvoir de retrouver la confiance des Français. Le sens et la portée de ces mesures ont donc été précisés lundi dans un entretien d’Edouard Philippe au quotidien les Echos. Il a notamment indiqué que la hausse de 100 euros net de la rémunération des salariés proches du smic passera par la prime d’activité. L’objectif du gouvernement est que toutes les mesures sociales soient applicables dès le 1er janvier. Ne pas trainer aurait aussi pour avantage d’accompagner concrètement l’évacuation bien engagée des ronds-points encore occupés. Sur ce plan, le souci d’avancer vite du ministre de l’Intérieur est manifeste.

Est-ce suffisant ?

Cette volonté d’en finir avec les gilets jaunes rend encore plus nécessaire l’ouverture de la "grande concertation nationale" annoncée. Elle s’appuiera jusqu’en mars sur les maires autour des quatre grands thèmes retenues par le gouvernement (transition écologique, fiscalité, organisation l’Etat et dernier volet, démocratie et citoyenneté, incluant la question migratoire). Le premier ministre ne rejette pas d’emblée le referendum d’initiative citoyenne (RIC) réclamé par de nombreux gilets jaunes. Mais il le voit strictement encadré pour éviter d’éventuels dérapages.

L’autre sujet qui attend une réponse claire concerne l’usage qui sera fait du contenu des cahiers de doléances ouverts dans de nombreuses mairies. Ils n’ont évidemment pas force de loi puisqu’ils n’expriment que des points de vue individuels. Mais autant que la concertation elle-même, ils reflètent l’état d’une partie de l’opinion en France. Dans la réflexion, ce serait dommage de les ignorer.

Tout ne sera pas réglé pour autant ?

Reste cette lancinante question qui dépasse le cadre de la concertation prévue même si elle contient une partie de la réponse : quelle gouvernance serait efficace en France après la crise ?  L’exécutif souhaite maintenir son ambition de moderniser la France et de l’adapter au contexte international. Et note à juste titre que le refus du statu quo est partagé par de nombreux Français. Il faudra alors éclaircir les voies et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre l’adhésion la plus large possible. Le gouvernement en est très conscient : tous ses membres vont répétant que l’écoute des attentes des Français a été jusqu’ici été insuffisante. Il n’est évidemment pas trop tard pour bien faire. C’est pour préparer cette concertation qu’Emmanuel Macron a renoncé à se rendre mardi à Biarritz pour le lancement de la présidence française du G7.
 

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Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au journal La Croix.