Au Stade de France, l'objectif de 10.000 injections par semaine

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jeudi 8 avril à 7h13

Durée émission : 7 min

Au Stade de France, l'objectif de 10.000 injections par semaine

© Clara Gabillet

Pour amplifier la vaccination, une quarantaine de vaccinodromes ouvrent leurs portes en France en avril. C'est le cas notamment au Stade de France, à Saint-Denis près de Paris. Reportage.

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Terminé les matchs de foot, de rugby, ou les concerts. Place désormais aux vaccins. Mais pas sur la pelouse. C’est dans le sous-sol du stade que des grandes tentes blanches ont été installées. On y arrive bien sûr sur rendez-vous, en passant par la plateforme Doctolib ou par téléphone. 50 étudiants ont été recrutés pour répondre aux appels. Une fois que c'est fait, on se dirige soit du côté des injections avec le vaccin Pfizer soit de l’autre avec Moderna. Les personnes qui souffrent de pathologies sont dirigées avant la vaccination vers un médecin. 

Après la piqûre, s’en suit une courte période d’attente pour s’assurer que tout va bien. Et globalement, les vaccinés sont plutôt satisfaits de l’opération. "Je suis quand même impressionné par la grandeur de l'organisation. C'est une forme d'industrialisation forte de la vaccination mais il le faut", estime Vincent qui travaille en Seine-Saint-Denis, le département le plus touché par l’épidémie.

Une organisation à améliorer selon certains

Une personne peut passer plus de deux heures dans le centre, de l’entrée à la sortie. Pour certains, c’est assez long avec beaucoup d’arrêts. "À force de vouloir trop organiser c'est comme si on avait mis plein de feux rouges sur une autoroute ça crée des bouchons. Il ya une peur de l’administration de vouloir trop organiser. Il y a une vraie volonté de bien faire mais ça crée un mille-feuilles et on n’est pas optimum", déplore Hervé, qui accompagne son père Emile, 77 ans.

Ce mégacentre n’est ouvert que depuis mardi. Chaque personne doit se rôder. C’est le cas notamment des pompiers, qui font partie de cette vaccination avec les infirmiers, les médecins et la Croix-Rouge. "C’est nouveau, on n’est pas habitué donc ça fait une petite pression au début", confie un première classe de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris qui a appris à vacciner mercredi.

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Box de vaccination - Crédit : Clara Gabillet

Injecter plus de 10.000 doses chaque semaine ?

L'objectif de ce vaccinodrome c’est d’injecter 10.000 doses par semaines. Insuffisant selon certains au vu de la grandeur de l'infrastructure. Mais le directeur de l’Agence régionale de santé d'Île-de-France n’exclut pas d’augmenter les injections. "Un centre de cette taille c’est pas juste de l’affichage. On a la cible de 10 000 doses par semaines. Ce centre-là est modulable et si on a des doses en plus on injectera des doses en plus", affirme Aurélien Rousseau.

Une fracture avec les centres de vaccinations du monde rural

Mais il y a un manque de doses qui inquiète, et particulièrment dans les milieux ruraux. Le président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF) craint que les vaccinodromes ne siphonnent les doses des plus petits centres. "Si c’est pour continuer qu’on privilégie ces grandes structures au détriment des plus petites structures, on aura tout faux", estime Michel Fournier. Le ministère de la Santé rassure : aucune dose ne sera siphonnée. Celles qui sont envoyées aux vaccinodromes sont subsidiaires et complémentaires, affirme le ministère.

Ce que propose l’AMRF c’est d’autoriser les pharmaciens d’officine à injecter des vaccins à ARN Messager comme Pfizer ou Moderna. "On n’est pas en opposition avec les vaccinodromes des grandes villes mais on ne va pas envoyer les gens de la Creuse au Stade de France. Nous n’avons pas de solution pour les moins de 55 ans donc les seuls vaccins qui nous permettraient de vacciner serait ceux à ARN Messager", affirme Philippe Besset, le président de la Fédération des Syndicats pharmaceutiques de France. 

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