Augmenter la résilience des milieux naturels

Présentée par PR-17647

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La chronique Écologie

mardi 7 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Écologie

Les incendies en Australie annoncent des désastres écologiques qui devraient se répéter. Comment alors comprendre l'aménagement des territoires pour éviter ces phénomènes ?

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Certains contestent que les incendies de forêt en Australie soient liés au réchauffement climatique.

Il ne faut pas perdre trop de temps avec cette hypothèse. Les sites officiels des pompiers australiens eux-mêmes demandent une action urgente contre ce réchauffement. Ils sont aussi les premiers à dire que l’ampleur de l’incendie n’est pas causée par le fait qu’il existe des broussailles, comme dans toute forêt un tant soit peu naturelle, mais parce que la sécheresse et les températures sans précédent l’ont rendue inflammable dans des proportions sans précédent. Nous avons là un cas typique de ce qui nous attend, c’est-à-dire que la nature n’est plus en mesure de résister à des déséquilibres que nous avons engendrés. Cela dépasse sa capacité de résilience.

Mais est-ce qu’en débroussaillant on n’aurait pas pu contenir le phénomène ?

Non et encore une fois ce sont les pompiers australiens qui le disent. Des surfaces immenses sont comme de l’amadou. Surtout, il faut réaliser un peu ce qu’on dit là : que pour sauver de l’incendie l’habitat des koalas (et des centaines d’autres espèces endémiques qui sont touchées) il aurait fallu prendre des mesures qui auraient eu pour conséquence de le détruire !

Une catastrophe brutale, intense, ne doit pas nous amener à croire à des mesures de type travaux publics. On parle de milieux vivants, pas d’un bâtiment. Ce qui rend un milieu résilient, c’est sa diversité, le fait qu’il y ait de nombreuses espèces libres de s’installer et s’épanouir. Dans ce cas, même un incendie important peut laisser place à terme à une reconstitution de l’ancien. Mais si on lui arrache une partie de sa structure sous prétexte de nettoyer, si on le découpe en morceaux, non seulement on l’appauvrit, mais on détruit ses capacités d’autocicatrisation.

Est-ce qu’il y a une leçon pour nous en Europe dans ce qui se passe en Australie ?

Bien sûr. La première c’est que le dérèglement climatique nous mène dans des zones chaotiques, des phénomènes nouveaux qui dépassent nos capacités et celles du reste de la vie. La seconde, c’est qu’il faut vite sortir de la logique aménagiste-BTP et au contraire réaugmenter la naturalité autour de nous, pour augmenter la résilience des milieux. Par exemple, des forêts plus variées en essences d’arbres, des cours d’eau libres de méandrer et de s’étendre au lieu de canaux rectilignes qui débordent très vite. La solution aménagiste, c’est comme une digue. L’eau finit toujours par passer par-dessus.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

ornithologue, auteur avec Mahaut Hermann de La Vie Oubliée Crise d’extinction Agir avant que tout s’effondre Edition Première partie Membre de la rédaction de la revue Limite http://revuelimite.fr/ sur Twitter : @Taigasangare