"Benni" : besoin d'amour et rage de vivre

Présentée par PR-21908

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La chronique Cinéma

mercredi 24 juin à 8h52

Durée émission : 3 min

"Benni" : besoin d'amour et rage de vivre

© Allociné

Ça y est, les salles ont rouvert depuis lundi, avec une grande variété de films proposés, Valérie de Marnhac nous propose "Benni" de Nora Fingscheidt

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C’est à cause du nombre encore restreint de nouveautés, les salles de cinéma sont obligées de diversifier leur programmation, ce qui est très bien pour les cinéphages ! Avec quelques reprises de vieux films restaurés qui sont un bonheur à voir sur grand écran. Je n’avais pas revu Elephant man depuis sa sortie en 1981, il ressort en très haute définition, en 4K, et quel film magnifique ! Mais j’ai quand même choisi pour cette semaine un nouveau film, qui est en plus un premier long métrage d’une jeune réalisatrice allemande, Nora Fingscheidt.

C’est un film coup de poing, qui nous arrache le cœur par moments mais dont l’énergie l’emporte. Il s’intitule « Benni », diminutif de Bernadette, du nom de son héroïne, une enfant de 9 ans qui est de tous les plans et qui nous sidère, par son mélange de détermination et de vulnérabilité. Son histoire c’est celle d’une petite fille que sa mère n’arrive pas à assumer, qui passe de foyers en familles d’accueil, et qui transforme sa souffrance et son infini besoin d’amour en une rage de vivre. Le film ne condamne aucun de ses personnages. Il avance en perpétuel équilibre entre cette mère, instable et fragile, les services sociaux, formidables mais dépassés par les déchainements de Benni, et puis Benni qui oscille entre sa colère et sa fragilité. C’est un rôle extrêmement difficile à jouer, et la jeune actrice, Helena Zengel, est absolument bluffante. Elle est à la fois provocante, attachante, grossière mais avec un visage d’ange. Et elle fait rentrer « Benni » dans la liste des grands films sur l’enfance. Elle rejoint Antoine Doinel dans les « Quatre Cents coups », « Le Gamin au vélo » des frères Dardenne ou plus récemment le jeune Aliocha dans « Faute d’Amour » de Zviaguintsev, qu’on vient de voir sur Arte.

Certaines scènes sont tragiques mais la réalisation apporte un rythme et un souffle qui laisse toujours place à une espérance. Comme la couleur rose sur l'affiche qu'on voit en arrière-fond. Toute la mise en scène traduit les états intérieurs de Benni, la musique, le montage, la couleur. Et la couleur rose notamment, est présente tout au long du film, du rose fluo porté par Benni au vieux-rose du pull de l’assistante sociale. Et il faut noter enfin le rôle de Micha l’éducateur, formidable « grand-frère » qui va offrir à Benni une parenthèse enchantée jusqu’à y perdre de vue la distance nécessaire entre son travail de professionnel et ses sentiments d’homme et de père de famille.
 

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr