Brexit : à quelle sauce vont être mangés les Britanniques ?

Présentée par PR-7178

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La chronique Europe

vendredi 5 octobre 2018 à 7h20

Durée émission : 3 min

Chaque vendredi Anne Macey propose une chronique sur l'Europe.

La date du Brexit, à laquelle les Britanniques sortiront de l'Union européenne est toujours prévue pour le 29 mars prochain. Mais à quoi ressemblera ce Brexit ? Eh bien on ne le sait toujours pas et on ne le saura probablement pas avant plusieurs semaines, au Conseil européen du 18 octobre au mieux. Le plan dit des Chequers de la Première Ministre britannique semble ne satisfaire personne : il a entraîné la démission des eurosceptiques : David Davis et Boris Johnson, le Ministre des affaires étrangères. Et les Européens l’ont aussi rejeté, au niveau des chefs d’État et de gouvernement au sommet de Salzbourg en septembre dernier.

On dirait que les Britanniques continuent à croire qu’ils peuvent avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Ils proposent de ne plus être dans l'union douanière et le marché intérieur mais de continuer à bénéficier de tous leurs avantages, sans contreparties : ils ne veulent plus contribuer au budget, ni respecter les règles de Cour de justice qui vont avec, ni les 4 libertés.
Il semblerait que la Première ministre ait bien compris que le Brexit est une erreur, que les Britanniques vont en souffrir et qu'il faut sauvegarder le maximum d'emplois. Il est clair que les Européens vont y perdre aussi : beaucoup d’entreprises voudraient préserver leurs relations d’affaires avec le Royaume-Uni. Mais attention à ne pas sacrifier pour des intérêts de court terme des objectifs plus fondamentaux, l'Europe, l'intégrité du marché intérieur et la solidarité à travers le budget européen, écrit Hervé Jouanjean, vice-président de Confrontations Europe.

La question de la frontière irlandaise est encore loin d’être résolue. Quand le Royaume-Uni sortira de l'UE, il faudra rétablir une frontière entre les deux Irlande alors qu'elle avait été supprimée, ce qui pourrait menacer la paix. Theresa May semble tenue par son allié le Democratic Unionist Party d’Irlande du Nord, alors que régler le problème demande surtout de la volonté politique : maintenir la suppression des contrôles systématiques à la frontière, et les remplacer par une possibilité de contrôles soit à la frontière soit sur le lieu de production…
Au total, on ne sait toujours pas si ce sera un hard Brexit, ou une transition assez fluide. Une chose est sûre, même si 48% des Britanniques n’avaient pas choisi de quitter l’Union, on ne peut pas avoir un pied dehors, un pied dedans.

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Le présentateur

Edouard Simon

Edouard Simon est directeur du bureau de Bruxelles du think-tank Confrontations Europe