Brexit : transition vers l'inconnu

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La chronique Europe

vendredi 9 février à 7h12

Durée émission : 3 min

Brexit : transition vers l'inconnu

© 2017 François Lenoir / Reuters - David Davis et Michel Barnier

Aujourd’hui se conclue une nouvelle semaine de négociations entre Michel Barnier et le gouvernement britannique pour établir les modalités de sortie du Royaume-Uni.

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Depuis mi-décembre nous sommes officiellement entrés dans la deuxième phase des négociations du départ britannique. Celle-ci doit couvrir l’ensemble des dispositions pratiques, sectorielles, qui couvriront les relations futures. Le temps est court car Michel Barnier souhaite proposer des conclusions en octobre voire novembre pour un accord de sortie. Cela doit être ensuite soutenu par les Etats et voté par le Parlement européen avant les élections de 2019. Mais en pratique, Theresa May n’apporte pas de perspective en raison de blocages politiques internes. Les brexiters émettent des hypothèses irréalistes : on sait ce dont ils ne veulent pas, c’est plus compliqué de comprendre ce qu’ils veulent pour l’avenir.   

Et donc reporter l’échéance en attendant des jours meilleurs… C’est l’objet de la période de transition qui concentre toutes les attentions. Officiellement le 31 mars 2019 le Royaume-Uni sera un état tiers sauf accord contraire. Mais les risques économiques, d’incertitudes juridique, de bouleversement politique des deux côtés de la Manche, contraignent à prévoir une période de transition. Elle est censée durer de mars 2019 à décembre 2020. Cela retardera les effets du retrait, en donnant aux agents économiques et aux Britanniques le temps de s'adapter au choc, une sorte de « transition statu quo ».

Mais, pendant la période de transition, l’autonomie du Royaume-Uni sera très limitée. Il aura les devoirs mais pas les droits des Etats membres, les mêmes obligations juridiques et budgétaires mais ne pourra pas participer aux institutions ni aux décisions. Ces aspects ont été confortés le 5 février par les ministres des 27. Mais le gouvernement britannique n’est pas satisfait : ils estiment qu’en mars prochain ils feront ce qu’ils veulent y compris vis-à-vis des citoyens européens établis au Royaume-désunis …

Et la question reste : une période de transition d’accord, mais pour aller où ? l'idéal pour le Royaume-Uni serait que la transition couvre la totalité de la période s'écoulant entre la date du retrait et celle de l'entrée en vigueur d’un futur accord de commerce avec l'Union européenne. Mais même sur ce point, le gouvernement britannique n’atteint pas de consensus. Depuis 18 mois désormais, c’est la stratégie du « wait and see ». Souhaitons que cela ne devienne pas celle du « live and let die » …
 

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Le présentateur

Charles de Marcilly

Spécialiste des affaires européennes depuis plus de dix ans, Charles de Marcilly est le responsable du bureau de Bruxelles de la Fondation Robert Schuman.