Brexit: une période de transition avant la sortie complète

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Le dossier du jour

lundi 19 novembre 2018 à 7h12

Durée émission : 7 min

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© JOHN THYS AFP

Après un an de laborieuses négociations, l’Union européenne et la Grande-Bretagne se sont mis d’accord la semaine dernière sur un projet d’accord de Brexit.

Le soulagement de Theresa May aura été de courte durée. La Première ministre britannique doit affronter à Londres une classe politique remontée et divisée. Mardi dernier, Theresa May a conclu avec Bruxelles un projet d’accord de Brexit. Cet accord est important car il conditionne la période de transition avant la sortie complète du Royaume uni de l’Union Européenne.

Cette période de transition arrive à grand pas puisqu’elle démarre le 29 mars 2019 et s’achèvera le 31 décembre 2020. C’est ce projet d’accord qui est controversé. Il prévoit un filet de sécurité, le fameux back stop, une solution de dernier recours qui permettrait de maintenir momentanément le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE. Et cette perspective a du mal à passer pour les partisans du Brexit.
 

Theresa May fragilisée dans son propre camp

En toile de fond de cet accord qui prévoit le maintien d’une union douanière entre le Royaume Uni et l’Union européenne, il y a la question irlandaise. Si Bruxelles et Londres se sont mis d’accord pour maintenir temporairement le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE après le Brexit, c’est aussi pour éviter le retour d'une frontière dure sur l'île d'Irlande, frontière qui mettrait en péril les accords du Vendredi Saint.

En attendant, depuis la conclusion avec Bruxelles de cet accord controversé, Theresa May doit se justifier et affronter son propre camp. A la suite de ce projet d’accord conclu avec Bruxelles Theresa May a perdu en une seule journée pas moins de sept membres de son gouvernement. Elle a passé ses derniers jours à défendre son projet, à essayer de convaincre son camp du bien fondé de ce projet d’accord. Il faut dire que la Première ministre britannique pourrait être renversée par un vote de défiance.
 

Vers un vote de défiance ?

Il peut être déclenché s’il est demandé par 15% du groupe conservateur au Parlement, soit 48 députés. Selon Theresa May, le seuil n’était pas encore atteint jeudi. La cheffe du gouvernement qui prévient qu’un changement de leader ne "faciliterait pas les négociations" et risquerait de reporter le départ de l’UE.

En cas d’échec du vote de défiance, une autre tentative de destitution ne pourrait intervenir avant un an. D'après un sondage réalisé par Sky News, Theresay May arrive en tête des personnalités préférées pour gérer le Brexit avec 31% devant Jeremy Corbyn (25%), Jacob Rees Mog (18%), Boris Johnson (17%) et Dominic Raab (10%).
 

Brexit: l'UE prépare un sommet exceptionnel

Pendant que l’on s’étripe à Londres, l’Union européenne prépare un autre rendez vous. Les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouveront dimanche 25 novembre pour un Conseil européen extraordinaire où ils doivent entériner ce projet d’ accord de retrait. D’ici là, certains Etats-membres aimeraient apporter des précisions au texte négocié entre les équipes de Michel Barnier et celles de Theresa May. Ils estiment en effet qu’il ne va pas assez loin dans la protection de leurs intérêts.

Avant le sommet de dimanche  plusieurs rendez vous sont prévus. Un conseil des ministres des affaires européennes est notamment prévu aujourd’hui. Quant à Theresa May elle a prévu de rencontrer avant dimanche   le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker Les discussions porteront en particulier sur la « relation future » entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit, qui doit entrer en vigueur le 29 mars.

 

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