"C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous..." (Mt 19, 3 - 12)

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Prière du matin

vendredi 16 août à 5h45

Durée émission : 5 min

"C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous..." (Mt 19, 3 - 12)

© alek krivec -unsplash

"C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi"

Méditation de l'évangile (Mt 19, 3-12) par le père Bernard Devert

Chant final: "Au matin tu écoutes ma voix (Psaume 5)" par le choeur des moines de l'Abbaye de Tamié

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve ;
ils lui demandèrent :
« Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme
pour n’importe quel motif ? »
    Il répondit :
« N’avez-vous pas lu ceci ?
Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme ?
    et dit :
“À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.”
    Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare pas ! »
    Les pharisiens lui répliquent :
« Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit
la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
    Jésus leur répond :
« C’est en raison de la dureté de votre cœur
que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes.
Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
    Or je vous le dis :
si quelqu’un renvoie sa femme
– sauf en cas d’union illégitime –
et qu’il en épouse une autre,
il est adultère. »
    Ses disciples lui disent :
« Si telle est la situation de l’homme
par rapport à sa femme,
mieux vaut ne pas se marier. »
    Il leur répondit :
« Tous ne comprennent pas cette parole,
mais seulement ceux à qui cela est donné.
    Il y a des gens qui ne se marient pas
car, de naissance, ils en sont incapables ;
il y en a qui ne peuvent pas se marier
car ils ont été mutilés par les hommes ;
il y en a qui ont choisi de ne pas se marier
à cause du royaume des Cieux.
Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! 

Source : AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

La loi est brandie par ceux qui se croient les plus forts pour avoir la capacité de la détourner et de l’instrumentaliser à leur profit. 
Souvenons-nous du mot de Lacordaire : entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit. 
Seulement les puissants pensent pouvoir s’en affranchir, observant que dès qu’une loi sort, toute une ingénierie se met en place pour la contourner.
L’Evangile souligne que c’est en raison de l’endurcissement des cœurs que Moïse a donné la loi, Jésus rappelant qu’Il n’est pas venu l’abolir, mais l’accomplir.
Or, tout accomplissement est un dépassement. 
Un débat se fait jour entre les Pharisiens et Jésus sur le mariage et le célibat. Il demeure d’une singulière actualité… ; d’aucuns s’interrogent sur la valeur du célibat, notamment pour les prêtres et religieux.
Que dire ? faire référence à l’état que Jésus a choisi ; demeure la question : pourquoi a-t-il fait ce choix ? D’aucuns répondent : cela me suffit pour m’engager à sa suite.
La question qui se propose à notre méditation est celle de la gratuité que revêtent nos engagements ?
Jean-Paul Sartre dans l’Etre et le Néant, avec une intelligence toute intuitive, en souligne l’enjeu. C’est l’histoire d’une femme qui, pour aimer son mari, promet de lui être fidèle ; elle artiste, lui, mathématicien, l’ennuie prodigieusement avec ses chiffres. 
Elle fait connaissance d’un jeune-homme fort sympathique pour lequel elle a une certaine inclinaison. Il l’invite à visiter le Louvre. Tout se passe bien au sens où l’honneur est sauf. Toutefois, elle se met à regretter qu’il ne lui ait pas fait d’avances pour avoir le mérite de les refuser. 
Toujours le mérite, la récompense, mais où est donc la gratuité, source d’une vraie fidélité. 
L’accomplissement de la loi dont parle Jésus ne s’inscrirait-il pas dans cette reconnaissance que l’amour est en lui-même et par lui-même la grâce des grâces, l’absolue récompense.
Seigneur apprends-nous à aimer et à nous laisser aimer. 
 

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