Carlos Ghosn, le patron de l'Alliance dans la tourmente

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Le dossier du jour

vendredi 23 novembre 2018 à 7h12

Durée émission : 7 min

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© JOEL SAGET AFP

Carlos Ghosn est en garde à vue depuis mardi. Le patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a été interpellé lundi à la sortie de son jet privé. Il est soupçonné de fraudes fiscales.

Carlos Ghosn dans la tourmente

Le parquet japonais reproche à Carlos Ghosn d’avoir, avec des complices, "minimisé sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015". Il n’aurait déclaré que 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros) au lieu de près de 10 milliards de yens. Mais il est également soupçonné d'abus de biens sociaux, d'après les résultats de l'enquête interne conduite par Nissan au cours des derniers mois.

Hier le conseil d'administration de Nissan s’est réuni pour sceller le sort du patron du numéro un mondial de l'automobile. Carlos Ghosn a été révoqué au cours d’une réunion qui a eu lieu au siège du groupe à Yokohama, en banlieue de la capitale japonaise. C'est Hiroto Saikawa, l’ancien dauphin de Carlos Ghosn et patron exécutif du constructeur depuis avril 2017, qui pourrait être nommé pour assurer l’intérim.

Carlos Ghosn a aujourd’hui 64 ans. C’est lui qui depuis 20 ans porte l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi au sommet de l’industrie automobile mondiale. L’an dernier il a été renouvelé comme PDG de Renault et il avait notamment pour mission de plancher sur une intégration plus poussée de Renault et Nissan, une sorte de fusion entre égaux. Et c’est justement cette perspective qui ne semble pas plaire aux Japonais.
 

De son côté, Renault s'organise

Cette arrestation de Carlos Ghosn au Japon a créé un véritable séisme en France au sein du groupe Renault. Le conseil d'administration de Renault a confié mardi soir dernier les rênes de l'entreprise à son numéro deux, Thierry Bolloré, chargé d’assurer l’intérim, tandis que Carlos Ghosn conserve son titre de PDG.

Philippe Lagayette, administrateur référent de Renault, présidera quant à lui le conseil d'administration du groupe, sans avoir le titre formel de président. Un décision approuvée par la CFE-CGC, le principal syndicat chez le constructeur français mais Renault et Nissan sont désormais tellement imbriqués que la chute de Carlos Ghosn préoccupe les salariés.

Du côté des autorités, le ministre français de l'Economie a reçu jeudi son homologue japonais. Au menu des discussions, l'avenir de l'alliance entre Renault et Nissan. Bruno Le maire et Hiroshige Seko veulent maintenir le navire franco-japonais à flot. Ils ont plaidé pour la consolidation de l'alliance" entre le constructeur automobile français Renault et son partenaire Nissan.
 

La rémunération des grands patrons en ligne de mire

Côté français, on prône un discours d’apaisement et de consolidation de l’alliance entre Renault et Nissan. Et si cette crise dissimule des tensions entre les deux constructeurs sur les contours d’une future alliance, elle met aussi en exergue les failles d’un modèle et d’une gouvernance.

Au delà des enjeux sur l’avenir de l’Alliance, cette crise pointe du doigt la gouvernance Ghosn mais aussi sa rémunération et son train de vie. Si la chute de Carlos Ghosn est sans doute liée à un coup d’Etat de la part de Nissan, elle met une nouvelle fois sous les projecteurs la question de la rémunération démesurée de certains grands patrons.

Précisons enfin que Renault, Nissan et leur troisième partenaire Mitsubishi revendiquent le rang de premier constructeur mondial avec 10,6 millions de véhicules vendus en 2017. C’est leur spécificité qui est aujourd’hui en jeu. Ils forment une alliance et non pas un groupe intégré comme peuvent l’être les géants Volkswagen ou Toyota.

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