Ce qu'Emmanuel Macron propose pour sauver les banlieues

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Le dossier du jour

mercredi 23 mai à 7h18

Durée émission : 7 min

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© LUDOVIC MARIN POOL AFP

Retour sur les mesures annoncée par Emmanuel Macron pour les banlieues mardi 22 mai dernier.

Pas de plan Marshall pour les banlieues

On le savait déjà depuis une semaine. Les mesures du chef de l'Etat en faveur des banlieues ne représenteront pas l'équivalent d'un grand plan Marshall pour ces quartiers. Mardi 22 mai dernier, Emmanuel Macron a d'emblée annoncé la couleur. Pas de plan XXL pour les banlieues, et la volonté de tourner la page de 40 ans de politique de la ville.
 

Exit donc le plan Borloo et ses 48 milliards d’euros nécessaires pour rétablir l’équité dans les quartiers. Ce qui a douché les espoirs de certains. Comme par exemple Moussa Camara. Le fondateur de l’association "Les déterminés" qui forme des jeunes des cités à l’entreprenariat avait été invité mardi à l’Elysée. Il n'a pas caché sa déception.

Du coté des élus de banlieues, même forme de déception. On conserve l’envie de tout faire pour améliorer les choses mais Marc Vuillemot, maire de la Seyne-sur-Mer et président de l’association "ville et banlieue" déplore le manque de moyens qui frappe toujours la politique de la ville.
 

Sécurité, formation et emploi

Concrètement, le président s’est concentré sur une poignée de mesures très précises. Notamment en ce qui concerne la sécurité. Emmanuel Macron veut lancer "un plan de mobilisation générale" contre les trafics de drogue pour le mois de juillet prochain. Par ailleurs, les maires auront accès au fichier recensant les radicalisés de leur commune, le fameux fichier S. Enfin, Emmanuel Macron a déploré une augmentation des discours racistes et antisémites. Le chef de l’Etat a appelé à la "lutte" contre ce phénomène.

Sur le front de la formation, l’annonce phare prononcée mardi dernier, c'était bien entendu l’idée des 30 000 stages de 3ème pour les jeunes des quartiers en difficulté. Dans le détail, 15 000 stages seront proposés par les entreprises et 15 000 autres par l’Etat.

Pour Moussa Camara fondateur de l’association c’était sans doute la seule bonne idée présentée mardi. Toujours dans le domaine de l’emploi, Emmanuel Macron veut réunir les 120 plus grandes entreprises françaises en juillet pour leur demander de "prendre leur part" dans la lutte contre le chômage. Le chef de l’Etat a également annoncé la généralisation des "testing" anti-discrimination pour ces entreprises.
 

Soutenir les créateurs d'entreprise

 Reste à savoir si les entreprises vont jouer le jeu. Pour Vincent Baholet, délégué général de la fondation FACE les entreprises contre l’exclusion, ces dernières vont s'investir. Mais pour lutter efficacement contre le chômage dans les banlieues, il faudra faire beaucoup plus, en particulier pour soutenir les créateurs d‘entreprise dans les quartiers. C’est du moins l'avis de Moussa Camara.
 
Malgré quelques désaccords, tous les acteurs présents mardi à l'Elysée s'accordaient sur un point : voir ce que les mesures d'Emmanuel Macron donneront sur le long terme. Premier temps dans deux mois sur la sécurité. Emmanuel Macron a prévu des rendez-vous réguliers. Mais les élus redoutent à la longue qu’un nouvel échec se traduise par encore plus de recul de la République dans les quartiers.

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