Comment l'école se déconfine

Présentée par PR-20832

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Le dossier du jour

lundi 11 mai à 7h12

Durée émission : 7 min

Le dossier du jour

© JOEL SAGET / AFP

L’heure du déconfinement a sonné. Les élèves de primaire reprennent progressivement le chemin de l’école cette semaine, si leurs parents le souhaitent.

Près de 86 % des 50 500 écoles de France vont rouvrir dans la limite de 15 élèves maximum par classe. Cela représente plus de 1,5 million d’enfants. Jean-Michel Blanquer s’en félicite. Le Ministre de l’Education nationale préfère d'ailleurs parler de reprise plutôt que de rentrée. Les élèves qui ne seront pas en classe continueront en effet l'enseignement à distance. Aristide, Daphnée, Pénélope et Vinciane font partie de ces écoliers qui reprennent le chemin de l’école. Ils s'apprêtent à retrouver leurs classes de CE2, Grande section et CM2 dans des écoles lyonnaises. Vinciane vient tout juste de préparer son cartable pour cette rentrée particulière, elle a hâte. « Ma trousse, mes cahiers, mon trieur… Je crois que je n’ai rien oublié. Il vaut mieux car on ne peut pas nous prêter des affaires. J’aime être à la maison parce qu’on a du temps libre mais je préfère faire le travail à l’école », confie-t-elle. Pénélope, en CM2, est aussi pressée de retrouver sa classe avant l'entrée au collège, même si elle a bien conscience qu’il y aura « des gestes barrières à respecter ». « On devra se laver les mains presque tout le temps, nos maitresses auront des masques, du coup ce ne sera plus comme avant », décrit-elle.  

UN PROTOCOLE SANITAIRE STRICT

Le lavage de mains est ainsi préconisé avant de rentrer en classe, après les récréations, avant et après chaque repas, avant d'aller aux toilettes et après y être allé, après s’être mouché, avoir toussé. Pour maintenir une distance d’un mètre entre chaque personne, les chefs d’établissement sont invités à indiquer des sens de circulations à l’intérieur des locaux. Les récréations seront échelonnées, les jeux de contact et de ballon sont interdits et évidemment il n'est pas question de se prêter des jeux. Les règles d'hygiène qui encadrent le protocole sanitaire sont strictes. Elles ne sont pas simples à mettre en place et à respecter tout particulièrement pour les maternelles.

Thibaut Sarazin, de RCF Méditerranée, s’est rendu dans une école maternelle de Brignoles dans le Var pour comprendre quel était le dispositif en vigueur.  La directrice de l’éducation jeunesse et vie associative à Brignoles, Sophie Delègue, lui a fait une visite guidée. « Un sanitaire sur deux est condamné, explique-t-elle. Les enfants auront le droit de venir par 2 ou 3 selon la place. Dans les classes, normalement il y a des jeux de dinette, des poupées, des coins éducatifs, et là tout est bâché. Nous avons mis un bureau pour chaque élève avec une distance d’un mètre ».

LA RÉTICENCE DE CERTAINS PARENTS

 Ce protocole sanitaire strict qui est un casse-tête pour les chefs d'établissements et les enseignants a dissuadé de nombreux parents de remettre leur enfant à l'école. Marie, qui travaille de nuit, gardera encore sa fille Helena, âgée de 6 ans, à la maison. « Il est hors de question de la remettre pour l’instant à l’école car on ne sait pas trop ce qu’il en est sur le plan de la sécurité. C’est un peu risqué. Par ailleurs, nous trouvons cela trop frustrant pour elle de rester toute la journée assise en train de colorier, sans toucher ses camarades. Pour son bien-être et notre bien-être mental, on va la laisser à la maison ». Les parents de Vinciane, Aristide et Daphnée, estiment de leur côté qu’il est temps de reprendre le cours de la vie tout en étant vigilants aux gestes barrières : « Je pense que c’est très bien organisé dans les écoles et je fais confiance aux enseignants et chefs d’établissements. Il faut que nos enfants reprennent une vie sociale, ce qui est important pour eux », souligne Flore, leur mère. Quant à Damien, leur père, il se réjouit de cette reprise qui va permettre aux enfants de retrouver leurs amis et « un cadre scolaire, pour faire une vraie fin d’année ». « Maintenant on doit parler de déconfinement et préparer l’avenir », ajoute-t-il.

DES FICHES ÉTABLIES PAR NIVEAU SCOLAIRE

Les enfants qui retournent en classe vont devoir apprendre de nouvelles règles pour communiquer entre eux, se déplacer, jouer mais aussi déjeuner. Paul Basson, président de l’UDOGEC, l’Union des organismes de gestion de l’enseignement catholique de Haute-Savoie, a expliqué à Victorien Duchet comment allait s’organiser la cantine. « Dans une salle de restaurant qui peut accueillir 200 enfants, l’idée est d’en accueillir 100 d’un côté de la salle, de les faire manger puis sortir de la salle. Le deuxième groupe de 100 élèves arrive sur l’autre moitié de la partie qui n’a pas été utilisé. Pendant ce temps, le personnel désinfecte la première partie, de manière à assurer une continuité de services ».

Côté enseignement, après deux mois de confinement, les professeurs vont devoir également s’assurer que les écarts entre les élèves ne sont pas trop importants. Richard Laganier, le recteur de l’académie de Nice, interrogé par Thibault Sarrazin, précise qu’il ne sera pas demandé aux enseignants de terminer le programme tel qu’il avait été fixé en début d’année. « Un certain nombre de fiches ont été établies niveau par niveau, indiquant quel est l’essentiel pour un élève pour pouvoir aller vers le numéro supérieur. Au moment de la reprise, nous invitons nos enseignants à faire des tests de positionnement de nos élèves pour voir ce qui est acquis et ce qui mérite un approfondissement ».
Pour les parents qui ne peuvent pas ou ne veulent pas que leurs enfants retournent en classe, l'école à distance continuera. Elle sera confiée aux enseignants qui ne pourront pas reprendre, pour des raisons de santé, personnelles ou familiales.
 

Invités

  • Sophie Delègue, directrice de l'éducation jeunesse et vie associative à Brignoles

  • Paul Basson, président de l'UDOGEC

  • Richard Laganier, recteur de l'académie de Nice

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