Comment l'Eglise tente de renflouer ses caisses après le confinement

Présentée par PR-21477

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Le dossier du jour

vendredi 5 juin à 7h12

Durée émission : 7 min

Le dossier du jour

© Corinne SIMON/CIRIC

Durant le confinement, les paroisses françaises ont subi de lourdes pertes financières. D'où une campagne nationale d'appel aux dons.

Pour amortir ces difficultés de trésorerie, les évêques de France lancent une campagne nationale d’appel aux dons du 13 au 28 juin prochains via une plateforme dédiée, donnons.catholique.fr. La période de confinement est lourde de conséquences pour les paroisses. Les quêtes, les casuels, les offrandes pour les cierges, constituent l’essentiel de leurs ressources et elles ont été pratiquement réduites à néant.
 

L'absence de quêtes, un manque-à-gagner de 60 millions d'euros

L’absence de messes et donc de quêtes a inévitablement créé un gros trou dans les finances. Dans certains diocèses heureusement, comme dans les Ardennes, les réserves ont toutefois permis de pallier les difficultés des paroisses. Les difficultés rencontrées par ce diocèse reflètent les problématiques générales de l’Eglise de France.

A l’échelle de l’Eglise de France, un dimanche de quête rapporte entre trois et cinq millions d’euros. Le manque à gagner après dix dimanche sans messe serait de l’ordre de 50 à 60 millions d’euros selon l’épiscopat. Car la période de confinement correspond à un temps liturgique important. La Semaine sainte et les cérémonies pascales sont généralement l’occasion pour les fidèles de se montrer plus généreux.

Il était bien entendu toujours possible de donner en ligne durant cette période. La quête dématérialisée a pris le relais pendant deux mois mais elle n’a visiblement pas le même impact que le panier qui circule dans les rangs d’une église. La quête en ligne n’a en effet permis de récolter que 5 à 10% d’une quête normale.
 

Une campagne de dons inédite

C’est donc dans ce contexte que les évêques de France lance une campagne nationale d’appel aux dons. Une campagne exceptionnelle du 13 au 28 juin via une plateforme dédiée, donnons.catholique.fr. pour tenter de renflouer les caisses. L’argent collecté est destiné "en totalité, assure la CEF, aux diocèses et aux paroisses pour les aider à combler leur retard".

Les ressources financières sont une vraie problématique pour les diocèses, et les ressources humaines sont un autre enjeu de taille. Certains diocèses l’ont bien compris. A Saint Etienne ou à Besançon, on a fait appel à Consol et Compagnie. Ce cabinet de conseil solidaire basé à Angers accompagne les entreprises, les associations, les congrégations religieuses où les diocèses dans leurs projets. Et au lendemain de la crise sanitaire liée au Covid-19, Consol et cie propose justement des parcours à la carte pour permettre aux salariés de l’Eglise de se former. Ces formations peuvent être prises en charge à 100% dans le cadre de l’aide à la formation du Fonds national de l’Emploi.
 

Le sanctuaire de Lourdes en difficulté

Dernière illustration de la crise financière que traverse l'Eglise actuellement, le sanctuaire de Lourdes. Les ressources du sanctuaire sont intimement liées à la fréquentation des pèlerins qui font vivre par leurs dons la cité mariale. Des pèlerins qui ont de fait déserté Lourdes du 17 mars au 16 mai derniers en raison du confinement.

Alors si aujourd’hui, les fidèles peuvent à nouveau se rendre à Lourdes, la plupart des pèlerinages ont été annulés pour la saison. Le recteur du sanctuaire estime la perte d’exploitation à huit millions d’euros cette année. Un déficit historique alors que le sanctuaire venait de retrouver l’équilibre financier. Des pertes lourdes de conséquences pour le sanctuaire mais aussi pour l’économie locale.

Le sanctuaire de Lourdes qui espérait pouvoir rénover le clocher de la basilique de l'Immaculée conception, ou encore de développer son site web, afin de mieux faire connaître, en amont, l'histoire et la vie du sanctuaire aux nouveaux pèlerins a dû remettre ses projets à plus tard. La cité mariale qui emploie 330 salariés compte aujourd’hui plus que jamais sur les dons pour faire face à la crise.

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