Congés estivaux

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Un mot, un jour

vendredi 5 juillet à 8h55

Durée émission : 4 min

Un mot, un jour

Congés estivaux, une association de deux mots, l’un très ancien et l’autre très récent.

JE DEVINE QUE LE MOT TRÈS ANCIEN EST LE MOT CONGÉ MAIS PEUT-ÊTRE PAS AVEC LE MÊME SENS QU’AUJOURD’HUI ET QUE LE MOT RÉCENT EST ESTIVANT…

Tout juste Stéphanie. C’est en effet au Xe siècle que le mot "congé" fait son entrée dans notre langue française mais bien sûr on en est pas encore au stade des congés payés. C’est en fait du latin commeatus, "action de circuler", d’où "permission", nom dérivé du verbe com-meare, voyager, circuler qu’est né le mot français cumgiet, vite déformé en congé, désignant l’autorisation de s’en aller, mais aussi autorisation en général. Comme dans cet exemple : "Que j’allasse demander à ma Dame congié de demeurer" lit-on au XIe siècle.

Lorsque le mot congé entre pour la première fois dans un dictionnaire, chez Richelet en 1680, il s’y présente d’emblée avec un sens spécifique : "Congé : Licence, permission que donne un Supérieur à un inférieur, qui dispense d’un de voir à quoy il étoit obligé envers lui", définition assortie de ce double exemple : "Un soldat n’oseroit quitter le service, sans avoir le congé de son capitaine", premier exemple suivi du second : "Un Moine n’oseroit sortir de son Couvent sans le congé de ses supérieurs.".

Déjà vient cependant le sens plus large, correspondant aux "permissions qu’on demande par civilité". "Il n’a pas voulu partir sans prendre congé de tous ses amis." Et enfin naît le "Jour de congé, est un jour qu’on donne aux écoliers pour se reposer, pour se divertir". D’où le pluriel, les congés, correspondant à plusieurs jours. Relevons une expression plaisante du XVIIe mentionnée par l’Académie française : "Pour boire de l’eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne."

ET DONC EST NÉ AUSSI RÉCEMMENT LE MOT "ESTIVANT"…

En fait, ce mot a pour première source bien sûr le latin estivare, passer l’été, et en l’occurrence en provençal, faire paître les troupeaux à la montagne l’été venu, les estiver.. Et c’est en 1920, qu’est attesté, la substantivation du participe présent, un estivant en tant que personne passant des vacances d’été dans une station touristique.

 

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Du lundi au vendredi à 8h55

Jean Pruvost, lexicologue passionné et passionnant vous entraîne chaque matin dans l'histoire mouvementée d'un simple mot !  

Le présentateur

Jean Pruvost

Chroniqueur de langue à RCF depuis 2011, Jean  choisit chaque jour un mot de l’actualité, pour l’intense plaisir d’en partager la saveur, en ouvrant les dictionnaires de sa bibliothèque qui en compte dix mille… Explorer ensemble les mots, c’est construire des harmonies. Jean aime aussi marier les mots et les notes sur sa guitare.