Contre l'extension de la PMA, les évêques invitent les catholiques à s'engager

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Le Grand Invité

vendredi 21 septembre 2018 à 8h10

Durée émission : 15 min

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© Bruno LEVY CIRIC

​En plein débat sur la révision des lois de bioéthique, l’Église de France publie un texte dans lequel ils redisent leur opposition à l’extension de la PMA.

La révision des lois de bioéthique porte avant tout sur la technique. "L’homme a fait des progrès absolument extraordinaires mais qui vident la procréation de sa dimension relationnelle. C’est un des points sur lesquels nous avons insisté dans notre déclaration" explique Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque du diocèse de Limoges, membre du groupe de travail de la Conférence des Évêques de France sur les questions de bioéthique.

Dans ce texte publié vendredi 21 septembre, les évêques de France redisent leur opposition à l’extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. "Il faut accueillir la souffrance du désir d’enfant, et la respecter. Elle dit quelque chose de beau sur la vie mais cette souffrance qui nait d’un désir d’enfant insatisfait, on ne peut pas la couper et l’isoler d’autres souffrances. On ne peut pas laisser trop parler l’émotionnel" ajoute-t-il.

En janvier dernier, l’Ifop posait la question suivante : êtes-vous favorable à la PMA pour toutes ? 60% des sondés ont répondu oui. Un autre sondage du même institut publié au mois de juin posait la question suivante : diriez-vous que les pères ont un rôle essentiel pour les enfants ? A cette question, 93% des sondés ont répondu oui. "Face à cette souffrance des femmes, il y a une autre souffrance que l’on ne peut pas cacher, celle d’un enfant que l’on priverait volontairement de père" commente Mgr Bozo.

Dans leur déclaration, les évêques s’opposent donc à cette extension de la PMA, mais ils rappellent également leur opposition à la PMA tout court. "C’est passé un peu dans les mœurs et on ne voit plus les raisons de l’opposition. Nous, nous disons que déjà là il y a quelque chose qui met en cause la beauté de la procréation. Nous disons que la dignité de la personne incluse la dignité de la procréation, de la fécondation et de la gestation. Nous avons un regard positif, contemplatif, sur la procréation" lance l'évêque de Limoges.

Concernant l’extension de la PMA, "on transforme profondément un acte médical. Dans le cas de la PMA pour toutes, il ne s’agit plus de remédier à une pathologie, mais de fournir une prestation à des gens qui sont dans des conditions normales pour avoir des enfants. On quitte l’acte médical, avec son remboursement par la collectivité, pour satisfaire le désir d’une femme qui n’est pas dans les conditions pour avoir un enfant. L’autre conséquence, que tout le monde pointe du doigt, c’est qu’il y a un manque de gamètes, et que la PMA pour toutes multipliera ce problème. On va se mettre à commercialiser le sperme, et on rentre dans une logique libérale. On ouvre la porte à un véritable eugénisme qui est déjà à l’œuvre".

Quoi qu’il en soit, Mgr Bozo rappelle que le ton des évêques de France, à travers cette déclaration, n’est pas agressif. "Il ne condamne pas. Notre état d’esprit est d’inviter au dialogue. Notre réflexion est inspirée par la Bible. Nous avons des convictions sur la dignité de l’homme, sur le respect du plus vulnérable. Mais nous voulons nous situer sur le terrain de la raison" conclut-il.

Interrogé enfin sur un éventuel appel des évêques aux catholiques, pour descendre dans la rue afin de s’opposer à l’extension de la PMA aux côtés de La Manif Pour Tous, Mgr Pierre-Antoine Bozo estime "que les évêques ont fait ce qu’ils avaient à faire. Nous demandons aux catholiques de s’engager. Pour certains, cela impliquera de descendre dans la rue, pour d’autres, ce sera d’écrire à leur député ou à leur sénateur, car ce sont eux qui vont voter les lois".
 

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Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.