Coronavirus: "cette crise est le tournant majeur du quinquennat" pour Pierre Mathiot

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Le Grand Invité

vendredi 13 mars à 8h10

Durée émission : 12 min

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© FRANCOIS GUILLOT AFP

Réagissant à l’épidémie de coronavirus, le président de la République a dévoilé jeudi soir les nouvelles mesures prises par l’État pour tenter d’enrayer la maladie.

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"L'appel à l'unité nationale est compréhensible"

Élections municipales maintenues, incitation au télétravail dans les entreprises, fermeture de toutes les écoles et crèches jusqu’à nouvel ordre… Dans une allocation télévisée particulièrement attendue, le chef de l’État a dévoilé jeudi les mesures prises par les autorités pour tenter de ralentir la propagation du Covid-19. "C’est une crise sans précédent dans notre société moderne. Il fallait prendre des décisions relativement claires. Toute décision est tellement engageante pour la société, que c’était relativement difficile à prendre. Mais il fallait des choses claires. Le ton était correct, l’appel à l’unité nationale me semblait compréhensible" explique Pierre Mathiot, politologue, directeur de Sciences Po Lille, concernant l’allocution d’Emmanuel Macron.

S’agissant de l’union sacrée invoquée par Emmanuel Macron en fin d’intervention, Pierre Mathiot explique qu’elle tiendra en fonction de la durée de la crise. "Tout va dépendre de la durée de l’épidémie. Si les choses deviennent de plus en plus graves, et que le gouvernement et l’État ont du mal à gérer certains points, il est assuré que des voix dissonantes se feront entendre" ajoute le directeur de Sciences Po Lille, qui précise que le chef de l’État a légitimé des décisions non pas parce que des choses se sont passées, mais parce que des choses vont se passer. "C’est aussi relativement original en matière de politique moderne".
 

"Des décisions extrêmement difficiles à prendre"

Au sujet des élections municipales, dont le premier tour va se tenir dimanche 15 mars prochain, Emmanuel Macron a confirmé qu’elles seraient maintenues. Une décision qui aurait été prise au dernier moment, d’après les observateurs. "Il y a eu des discussions entre deux pôles au sein du gouvernement : le pôle ministère de l’Intérieur favorable au maintien, et le pôle sanitaire qui était contre. Ce sont des décisions extraordinairement difficiles à prendre. Que l’on maintienne ou que l’on reporte, on prend une décision qui va susciter des réactions" lance le politologue.

La principale décision, qui va bouleverser le quotidien des Français et des familles, c’est la fermeture des écoles. Là encore, une décision prise très difficilement en haut lieu. Le matin même, le Premier ministre affirmait le contraire. "J’ai été surpris. On pensait que les choses arriveraient, mais un peu plus tard. Je crois que les spécialistes invités par l’Élysée jeudi matin pour un point de situation ont présenté au président des scenarii possibles, dont celui d’une fermeture anticipée de l’ensemble. C’est plus facile en termes de politique publique de dire que l’on ferme tout en même temps même si sur le plan macro, c’est beaucoup plus difficile à gérer" analyse encore Pierre Mathiot.

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Chaque matin, Antoine Bellier reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.