Coronavirus: le bilan s'alourdit en Chine

Présentée par PR-18273

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mardi 28 janvier à 7h12

Durée émission : 7 min

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© LAKRUWAN WANNIARACHCHI AFP

Pour l'instant, pas moins de 106 personnes sont mortes. D’autres cas ont été décelés en Asie mais aussi aux États-Unis et en France.

Plus de 4.000 cas recensés en Chine

En France, trois cas de cette pneumonie virale ont été identifiés. Deux sont hospitalisés à Paris et le troisième à Bordeaux. Tous étaient récemment arrivés de Chine et avaient séjourné à Wuhan, la grande ville où l’infection est apparue en décembre. La Chine a pour sa part décidé lundi de prolonger le congé du Nouvel An. Elle espère ainsi retarder le pic d’affluence dans les transports et réduire les risques de contagion.

Il faut dire que le coronavirus a déjà fait 106 morts en Chine, essentiellement à Wuhan. Une personne est morte du virus également à Pékin. Plus de 4.000 cas ont par ailleurs été recensés dans le pays. Mais si ce virus est de la même famille que le SRAS, responsable d'une épidémie en 2003, cette maladie paraît être moins virulente. C’est ce qu'explique Bruno Lina, professeur de virologie aux Hospices Civils de Lyon et chercheur au Centre international de recherche en infectiologie. Il faut d'ailleur remettre le coronavirus en perspective avec d'autres virus beaucoup plus meurtriers, comme le rappelle le professeur Didier Raoult, directeur de l'Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection à Marseille.
 

Une menace élevée pour l'OMS

Si le coronavirus met le monde en alerte, c’est parce que d’autres virus plus dangereux l’ont précédé. De grandes épidémies virales sont parties de Chine. C’est le cas du SRAS en 2002. Selon l'OMS, ce virus a touché une trentaine de pays, fait près de 800 morts, et infecté près de 10.000 personnes. La Chine pourrait d’ailleurs être à l’avenir un point de départ pour d’autres virus, car le pays est en pointe dans ce domaine.

En fin de semaine dernière, l’Organisation Mondiale de la Santé avait jugé qu'il était "trop tôt" pour parler d'"urgence de santé publique de portée internationale". Aujourd’hui elle parle de menace élevée. La Chine a ordonné des mesures radicales sur l'ensemble de son territoire pour tenter de freiner au maximum l'épidémie de coronavirus. Les autorités imposent des mesures de dépistage dans les transports et des provinces entières sont presque entièrement bouclées. La Mongolie est de son côté devenue le premier pays à fermer les points de passage routiers avec le territoire chinois.
 

Des conséquences économiques

Des mesures qui pourraient finir par avoir des conséquences économiques. Lundi, les places boursières au Japon et en Europe ont chuté de 2%. Pour l’économiste Philippe Chalmain, s’il est trop tôt pour évaluer les conséquences économiques de cette épidémie, elles devraient être moins fortes que pour l’épidémie de SRAS.

De son côté, Paris prépare une évacuation aérienne de Chine pour ses ressortissants. Le gouvernement est en train d'organiser "un rapatriement par voie aérienne directe" pour les Français qui souhaitent quitter la région de Wuhan, le foyer de l'épidémie de coronavirus chinois placé en quarantaine. Le vol aura lieu en "milieu de semaine" et les rapatriés seront suivis médicalement. Les autorités sanitaires françaises se disent, à priori, bien préparées, après les leçons tirées de l'épidémie de SRAS en 2002-2003. Un protocole rigoureux a été mis au point, des infrastructures mises en place et les personnels de santé formés.

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