Coupe du Monde féminine de Football: illusions d’optiques sexistes

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L'édito de Samuel Grzybowski

mercredi 19 juin 2019 à 7h55

Durée émission : 2 min

L'édito de Samuel Grzybowski

La Coupe du monde féminine de football bat son plein, et comme prévu, cette compétition bien au delà du seul enjeu sportif, devient le miroir de l’égalité dans nos sociétés !

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D’abord dans le cas où vous n’auriez pas pu suivre ces deux premières semaines de Coupe du monde, comme espéré, la France termine première de sa phase de poule et commencera dimanche soir les matchs à éliminations directes. C’est à dire les huitièmes, puis les quarts, les demies et enfin peut-être la finale. L’accession aux huitièmes de finales, comme dans toute les Coupe du Monde, commence une ultime période de matchs qu’il faut impérativement gagner car aucun match ne peut se solder par un nul.

On appelle ça les matchs couperets. Si l’on sait que nos joueuses bleues joueront ce dimanche à 21h, on ne sait pas encore contre qui. En revanche si elles passent ce tour elles devraient rencontre la meilleure sélection du monde, les américaines, en quart de finale vendredi prochain. Une affiche qui promet d’être magnifique ! Pour les amateurs et amatrices, il faut saluer le quotidien l’Équipe qui joue pleinement son rôle en publiant chaque jour les conclusions et observations de ce championnat pourtant décrié !

Et c’est de ce dédain dont j’aimerais parler à présent. Hier TF1 réalisait un sujet au 13h dont le sexisme n’avait d’égal que le ridicule, en évoquant les doigts délicats des joueuses faisant rêver à certains d’être un ballon pour être pris entre de bonnes mains douces et féminines. Ici encore, les femmes résumées à leurs corps. Quelques jours plus tôt des commentateurs se plaignaient que les matchs soient trop lents et moins intéressant d’un point de vu sportif !

Justement, je me suis rendu sur le site de la FIFA où j’ai consulté un rapport public sur les statistiques sportives et athlétiques des joueurs et joueuses professionnels de foot dans le monde entier. On y découvre que les femmes courent aussi longtemps que les hommes, qu’elles font moins de fautes, jouent plus tactiquement en respectant davantage les règles. On y confirme aussi que les hommes courent plus vite et tapent plus fort. Mais attention on imagine pas à quel point se joue cette différence. En pointe les hommes courent à 12,5km/h parcourant 500m à cette vitesse pendant un match. Les femmes elles courent à 11,4 km/h parcourant 300m à cette vitesse sur un seul match. Qui peut prétendre voir la différence entre ces deux réalités à l’œil nu ? Oui les physiques ne sont pas les mêmes mais le spectacle est identique, au moins comparable !

En conclusion, pour illustrer cette différence de traitement et d’engouement, j’étais ce WE à Lyon où je jouais au foot avec des copains. Par hasard nous tombons sur Ada Hegerberg en train de s’entraîner, c’est à dire la meilleure joueuse du monde, actuelle ballon d’or et 5 fois de suite championne de France avec l’Olympique Lyonnais. Sa présence n’a pas suscité un centième de l’émotion qu’aurait suscité son homologue masculin : Lionel Messi ou Cristiano Rolando. Alors ce matin je rêve d’un monde où à talent égal, homme et femme sauront être reconnus pour leur art et leur talent ! 

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Le présentateur

Samuel Grzybowski

Samuel Grzybowski est le fondateur et ancien président de l'association Coexister.