Covid-19: un déconfinement est-il prématuré ?

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jeudi 29 avril à 7h13

Durée émission : 7 min

Covid-19: un déconfinement est-il prématuré ?

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Emmanuel Macron présentera vendredi un calendrier progressif de déconfinement. Pourtant, la circulation du virus reste très forte. La perspective d’un déconfinement est-elle prématurée ?

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Les chiffres de l’épidémie ne sont pas vraiment bons. Près de 30.000 cas positifs sont détectés en moyenne chaque jour et 6 000 patients sont actuellement en réanimation. Mais on arrive au terme des quatre semaines de confinement annoncé le 31 mars dernier. Et le président veut amorcer des étapes de déconfinement.​ Avant la levée totale des restrictions, il y a tout de même une première étape : dès lundi 3 mai, il sera possible de se déplacer au-delà du rayon de 10 km et entre les régions. Les collèges et lycées vont rouvrir.

Une tension hospitalière toujours forte

"S’il y a une réelle ouverture, on voit pas bien comment on irait pas à un scénario catastrophe. Le secteur hospitalier commence réellement à être en souffrance. Les moyens humains sont démoralisés, épuisés, pas plus payés qu’avant. Maintenant on sent bien que ce qui est intéressant, c’est les élections et le reste c'est : 'Ils n'ont qu’à mourir, on s’en fout'", lâche le professeur Jean-François Timsit, chef du service de réanimation de l’hôpital Bichat à Paris. Il constate depuis plusieurs semaines un rajeunissement de ses patients. Un quart d’entre eux ont moins de cinquante ans.

"Le discours devrait être plus nuancé"

Face à cet état des lieux, envisager de lever les restrictions semble prématuré pour certains. "La situation épidémiologique n’est pas encore dans une phase d’optimisme. Parler trop tôt de relâchement, de réouverture, c’est induire le sentiment que tout est bientôt terminé, ce qui n’est pas gagné. Le discours devrait être beaucoup plus nuancé quand bien même il fait état d’une progressivité", explique le professeur Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 à l’Académie nationale de médecine.

L'importance de la progressivité et la territorialisation

Pour les spécialistes, le mot d’ordre c’est bien-sûr la progressivité et c'est la position d'Emmanuel Macron. Il y aura des étapes. Les bars et restaurants pourraient rouvrir à la mi-mai. Reste à savoir quelle date sera retenue entre le 13 et le 17 mai. L’allègement du télétravail devrait aussi coïncider avec les réouvertures à la mi-mai, selon la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Une autre mesure importante concerne la territorialisation. Pour le professeur Djillali Annane, il faut envisager des zones vertes. "Une zone dans laquelle à la fois le taux d’incidence est inférieure à 10 cas pour 100.000 habitants, la proportion de personnes vaccinées est plus proche d'une personne sur 3, et enfin la tension hospitalière est inférieure à 100 %. Ce sont des zones où on sera en mesure de tout rouvrir. Il faut protéger ces zones vertes par la régulation de l'extérieur de ces zones vertes vers l'intérieur", détaile le chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond Poincarré de Garches (Hauts-de-Seine).

Mais cette méthode doit aller de pair avec une accélération de la vaccination, estiment tous ces spécialistes. Le professeur Yves Buisson préconise même un pass vaccinal pour permettre la reprise des activités, "un pass où il n’y a que les données sur la vaccination. On peut très facilement intégrer ceka sur une adaptation de l'application Tous anti Covid. Des personnes qui sont vaccinées, au bout de 15 jours, on peut très bien les accueillir dans les bars et restaurants". Aujourd’hui, près de 14 millions de premières doses ont été injectées en France et 5,5 millions pour les deuxièmes doses.

Le risque de contamination en extérieur existe

Si le confinement est levé, il faudra néanmoins rester vigilant. Même avec les beaux jours, pas question de quitter les masques et d’être trop nombreux dans certains lieux. Car à l’extérieur, le risque de contamination existe. "Le nuage de goutelettes à l’extérieur se disperse très rapidement et donc il faut avoir un contact proche et long avec quelqu'un. Il y a un risque de contamination. Il est important de porter le masque", rappelle le docteur Fabien Squinazi, médecin biologiste au Haut Conseil de la santé publique. 

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Le présentateur

Clara Gabillet