De Gaulle: "la grandeur pour la France, la simplicité pour lui-même" explique Philippe Le Guillou

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Le Grand Invité

jeudi 18 juin à 8h10

Durée émission : 12 min

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© STF / AFP

Il y a 80 ans, le 18 juin 1940, le général De Gaulle lançait un appel : ne pas baisser les bras, ne pas fléchir devant l'ennemi.

"Un gaullisme affectif"

"Je suis né en 1959. J'ai l'âge de la Vème République. J'ai grandi à l'ombre du général De Gaulle. J'ai toujours admiré le général. Mon gaullisme est avant tout un gaullisme affectif" explique Philippe Le Guillou, écrivain, critique littéraire, auteur de "Colombey, l'autre colline inspirée" (éd. Salvator), lorsqu'il rappelle que cette admiration pour le général De Gaulle était une admiration avant tout familiale.

"J'ai aimé De Gaulle comme je n'ai aimé aucun de ses successeurs" écrit-il dans son dernier ouvrage. "J'ai toujours aimé son caractère exceptionnel, son approche sacerdotale du pouvoir, son culte de la grandeur, l'inscription du pouvoir dans un imaginaire national. C'est une sorte de figure évidente du grand panthéon national. La grandeur quand il s'agit de la France, la simplicité et la modestie quand il s'agit de lui-même" ajoute l'écrivain. Pour ce dernier, "l'exercice du pouvoir est indissociable de la constitution d'une mythologie". 
 

Colombey, au plus intime du général

Dans son dernier livre, Philippe Le Guillou s'intéresse à Colombey. "Il achète cette demeure en 1934. Elle est délabrée. Elle est à équidistance de Paris pour ses activités militaires, et du front de l'Est. Le choix de Colombey a une autre raison : il a une fille lourdement handicapée, Anne, et il veut la soustraire au regard des gens, et la laisser grandir dans un espace un peu caché" lance Philippe Le Guillou.

Dans ce livre, Philippe Le Guillou déambule à la Boisserie, la demeure du général. "Je visite la maison comme n'importe quel touriste. L'entrée, la salle à manger, le salon. On voit le bureau derrière une vitre, la bibliothèque derrière un grillage. On y voit des portraits de souverain régnant à l'époque du général. Un énorme téléviseur. Son bureau sur lequel il s'est effondré. Un cadre de vie extrêmement simple, austère. Quand on est à Colombey, on est au plus intime du général. C'est la maison d'un homme, d'un général à la retraite. Tout est très simple" rappelle-t-il.
 

Le goût d'une vie simple

Philippe Le Guillou écrit que dans sa manière de vivre, De Gaulle était un homme du XIXème siècle. "Il connaissait la valeur des choses. Il n'était pas dans la jouissance, dans la quête du bonheur perpétuel. C'est une grande figure patriarcale qui n'était plus de son temps. Il était d'un autre temps. Il avait le goût de la grandeur, d'une vie ordonnée, simple. Il n'y a rien de fastueux, d'épicurien. C'est aussi un chrétien qui connait la valeur des choses, le sens du travail, de la prière" estime l'écrivain.

"Il est un paroissien comme les autres. Il assiste à la messe. Il communie. Cette foi est très présente. C'est la structure même de sa vie intérieure. Il ne mélange pas les genres. Mais c'est extrêmement important pour lui. Ses obsèques sont celles d'un paroissien de Colombey" conclut Philippe Le Guillou.

Que reste-t-il du général De Gaulle aujourd'hui à l'heure où la classe politique semble moins s'y référer ? Pour Philippe Le Guillou, "il reste deux choses : un texte essentiel, la Constitution de la Vème République, et cet imaginaire, cette légende, que j'invite chaque personne à revivre en se rendant à Colombey".

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Antoine Bellier

Journaliste à RCF depuis 2009, Antoine est passé par Le Mans et La Roche-sur-Yon, avant de rejoindre la rédaction nationale en septembre 2013. Curieux de l’actualité sous toutes ses formes, amateur de cinéma et de littérature, il lui arrive de passer du micro à la plume.