Déconfinement phase deux : avons-nous vraiment retrouvé nos libertés ?

Présentée par PR-21373

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Le dossier du jour

mardi 2 juin à 7h12

Durée émission : 7 min

Le dossier du jour

© LUDOVIC MARIN / AFP

A partir d’aujourd’hui les restrictions sont levées un peu partout dans le pays. Même s’il subsiste des nuances entre les départements, les Français sont un peu plus libres.

Des libertés retrouvées ?

Ces libertés retrouvées sont évidemment conditionnées aux respects de règles sanitaires bien définies par les autorités pour éviter une nouvelle épidémie. Le fait est qu'un vent de liberté plane sur cette journée du 2 juin. Il est désormais possible de s’attabler dans un restaurant, de prendre un verre en terrasse, d’aller rejoindre ses proches à l’autre bout de la France. Tous les élèves vont pouvoir retourner à l’école.

Les jardins, les parcs, les lacs, les piscines sont à nouveau ouverts. La vie culturelle, sportive devrait reprendre peu à peu ses droits et les Français peuvent aussi désormais songer à une destination pour leurs vacances cet été. Jeudi dernier, le Premier ministre a égrené l’ensemble des mesures inhérentes à cette phase deux du déconfinement et prononcé une phrase introductive qui n’a laissé personne indifférent.

"La liberté va devenir la règle et l'interdiction l'exception". Ces quelques mots ont marqué les esprits. Le gouvernement a pu donner le sentiment après de longues semaines de confinement que tout redevenait possible et que les autorités accordaient une faveur aux individus en leur redonnant des libertés. Une perception tronquée qui s’explique par le fait que, depuis l’apparition de l’épidémie de Covid-19, la santé est devenue une norme. C’est en tout cas ce qu'explique la philosophe Julia de Funès au micro de Pauline de Torsiac.
 

La question du contrôle et des libertés

Quand le pouvoir politique se mêle de santé cela peut remettre en cause les libertés fondamentales des individus. Un exemple concret avec l’application Stop Covid. Il s'agit de cette application destinée à repérer la propagation du coronavirus. Elle sera disponible ce mardi à midi. Cette application de traçage a pour but de permettre à chaque utilisateur qui apprend sa contamination de prévenir ceux qu'il a croisés dans les deux semaines précédentes pour qu'ils puissent prendre leurs précautions.

Pour le secrétaire d'État au Numérique, Cédric O, il faut qu'un maximum de gens la télécharge en particulier "les personnes qui vivent dans les villes parce que ce sont elles qui font circuler le virus". ll s'est toutefois refusé à donner un objectif de téléchargements. Et pour cause, l'application suscite des réserves en matière de respect des libertés. C’est le cas de Julia de Funès qui  rappelle dans quelle mesure ce type d’outil peut devenir une menace pour nos libertés individuelles.

Ce dispositif de traçage numérique est présenté comme un nouvel outil indispensable au contrôle de l'épidémie. Le contrôle, une notion prépondérante pour les autorités à l’heure de l’état d’urgence sanitaire. Dans une lettre adressée au Président de la République et qui sera rendue publique en milieu de semaine sous la forme d’un petit livre intitulé : "Le matin sème ton grain - le président de la conférence des évêques de France fait à Emmanuel Macron des propositions de l’Eglise catholique pour la société post-crise Covid-19", Mgr Eric de Moulins Beaufort souligne notamment dans sa réflexion que “l’Etat court toujours le risque de ne pas prendre les citoyens pour des personnes responsables." "L’Etat bienveillant peut être autant envahissant et disciplinaire que l’Etat totalitaire" peut-on notamment lire...

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