Défense: pour Bénédice Chéron, "les armées vont pouvoir rattraper le retard accumulé depuis des années"

Présentée par , ,

S'abonner à l'émission

3 questions à

mardi 11 septembre à 6h40

Durée émission : 4 min

3 questions à

© Eric FEFERBERG AFP

​Depuis lundi 10 septembre dernier, se tient à Paris l’Université d’été de la Défense nationale. Elle réunit 500 hauts responsables militaires, parlementaires, et acteurs clés.

Un espace privilégié de réflexion, de dialogue ou encore de partage d’expérience. Cette édition 2018 se déroule après l’adoption définitive du projet de loi de programmation militaire 2019-2025 qui prévoit de porter les dépenses de défense à 2% du PIB français.
 

Les armées françaises vont-elles avoir les moyens de leurs ambitions grâce au projet de LPM ?

"Les armées sont certainement satisfaites de cette loi de programmation militaire puisque cela fait plusieurs années qu’il y avait des budgets resserrés. Les armées vont pouvoir à la fois rattraper le retard qui était le leur depuis plusieurs années, et lancer des cycles pour de nouveaux équipements et de nouveaux matériels. Cependant, il y a quelques nuances à apporter : il faut qu’elles soient correctement exécutées. Le Sénat a obtenu des garanties sur l’exécution de cette LPM. Mais aussi parce que l’essentiel de l’augmentation est reporté à après le mandat d’Emmanuel Macron entre 2022 et 2025" explique Bénédicte Chéron, historienne, spécialiste des questions de défense.
 

Pour peser dans le monde comme le fait la France actuellement au niveau militaire, faut-il développer l’Europe de la Défense pour mutualiser les moyens ?

"Il y a des projets mais ce sont de vieux serpents de mer de la vie politique française et européenne avec des échecs que l’on connait. Il y a des entreprises qui vont dans ce sens, et qui sont plus concrètes depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Il faut voir si elles seront menées à leur terme et si elles peuvent permettre de contribuer là-aussi aux moyens qui sont donnés aux armées pour agir dans le monde" ajoute Bénédicte Chéron.
 

Est-ce-qu’aujourd’hui l’armée française attire les jeunes ou bien faut-il aller les chercher ?

"L’armée française se porte plutôt bien par rapport à ses semblables européennes sur ce plan là car elle parvient à maintenir un niveau de recrutement à peu près satisfaisant. Il faut cependant se rendre compte que cela reste un défi annuel lourd à relever parce que les jeunes Français qui sont prêts à s’engager et qui ont les capacités pour le faire sont finalement assez peu nombreux. C’est donc un vrai défi et il y a eu une petite illusion lors des attentats de 2015 qui était de dire que les jeunes ont pris conscience de la nécessité de servir leur pays par les armes. Il faut se rendre compte que cet enthousiasme que l’on a pu percevoir est assez vite retombé" lance l'historienne.
 

Est-ce-que ce lien privilégié entre les Français et leurs armées se maintient ou y-a-t-il des évolutions ?

"Les armées bénéficient d’une très bonne image mais il faut se rendre compte que cette bonne image masque parfois une méconnaissance de ce que sont les réalités de l’engagement militaire qui ne facilite pas toujours à la fois le recrutement, et les relations équilibrées entre les Français et les armées" conclut Bénédicte Chéron.

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 06h41 et 07h40

Tous les jours dans La Matinale RCF, un fait d'actualité mis en lumière et expliqué en trois questions.

Les présentateurs

Pauline de Torsiac

Florence Gault

Journaliste à RCF depuis 2005, Florence a d’abord travaillé à RCF Méditerranée, à Toulon pendant six ans, avant de rejoindre la rédaction nationale. Globe-trotter dans l’âme, elle aime partir à la rencontre de l’autre. Ce qu’elle préfère à la radio: jouer avec les sons pour vous raconter des tas d’histoires!

Christian Vadon

Journaliste à RCF depuis près de 25 ans, Christian a touché à tout: présentateur de journaux, auteur de reportages, réalisateur d’émissions, il a même commis des magazines pour les enfants et pour les femmes ! Humble coureur de trail, il aime développer sur la durée sa passion d’une information qui fasse sens, d’où sa longévité à RCF.