Des innovations pour encadrer le marché de l'immobilier

Présentée par PR-17728

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La chronique Économie

jeudi 9 janvier 2020 à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Économie

Le marché immobilier semble flamber, et pourtant le nombre de transactions dans le logement ancien explose : comment expliquer ce phénomène ?

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Le marché immobilier est euphorique…

Le nombre de transactions dans le logement ancien a dépassé l’an dernier pour la première fois le million dans l’hexagone, malgré le mouvement des gilets jaunes. 

Cela s'explique avant tout par la faiblesse des taux d’intérêts, qui permettent de s’endetter sur 20 ans à 1% l’an, contre plus de 4% il y a encore dix ans. Ce qui a eu pour effet d’augmenter le nombre de ménages susceptibles de franchir le pas. Quand l’avenir s’assombrit, l’immobilier est une valeur refuge. A cela s’ajoute la baisse du chômage et la démographie. Sans compter l’accroissement des familles monoparentales ou recomposées, qui doivent se loger.

Et en termes de prix ?

Il y a deux France. D’une part celle des petites villes de province, où les prix restent sages, voire baissent, et les métropoles, et surtout la région parisienne, où l’explosion continue. A Paris, les prix ont encore grimpé de 8% l’an dernier, et dépassé les 10 000 euros le mètre carré. 10 000 euros ! Et ce n’est pas fini.
Cette hausse fait le bonheur des uns et l’angoisse des autres. Car elles ne sont pas sans conséquences sur la vie quotidienne. Paris a perdu plus de 50 000 habitants sur cinq ans. Les classes moyennes et populaires sont repoussées toujours plus loin des lieux où elles sont susceptibles de trouver du travail. Quant aux plus pauvres, cette situation les expose davantage au mal-logement.

La bonne nouvelle, c’est que les pouvoirs publics commencent vraiment à chercher des solutions.

Par exemple ?
Il y a d’abord l’idée de mettre en place un encadrement des loyers dans les zones les plus tendues. Cette mesure autoritaire, qui fait désormais l’unanimité, y compris chez les plus libéraux, devrait être un des enjeux majeurs des élections municipales à venir. À Paris, cela a concerné 25% des loyers, sans casser le marché ni fait fuir les investisseurs.

Mais il faut sans doute aller plus loin et s'attaquer aussi au prix du foncier, qui ne cesse de grimper. Dans les zones tendues, le terrain peut représenter plus de la moitié du coût d'un bien immobilier. Nous sommes arrivés à un tel point que certains promoteurs ne peuvent plus suivre et réclament des mesures drastiques. Certaines solutions originales commencent à s’imposer. Comme celle de découpler le foncier du bâti, une proposition votée récemment à l’unanimité par les députés.

C'est-à-dire que quand vous achetez une maison, vous devenez propriétaire du bâtiment et du terrain. L’idée est de n’acheter que les murs , ce qui coûte évidemment moins cher. Le terrain reste propriété d’une société publique qui le loue pour un prix modique. Une révolution dans un pays comme la France où la pierre a une dimension symbolique très forte.

Et puis, il y a sans doute la nécessité de repenser l’aménagement des grandes métropoles en favorisant l’aménagement de pôles alternatifs. C’est le cas par exemple en île-de-France, où le projet du «Grand Paris» prévoit la création de 68 nouvelles gares, avec des logements tout autour, à des prix nettement inférieurs à ceux de la capitale.
 

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Avec Vincent de Féligonde, l'actualité économique expliquée chaque jeudi.

Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde