​Des masques, puissent-ils ne pas cacher l’essentiel.

Présentée par PR-20977

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La chronique d'Habitat et Humanisme

vendredi 15 mai à 6h55

Durée émission : 3 min

La chronique d'Habitat et Humanisme

La pandémie restera marquée par une polémique sur les masques.

Tout a été dit et son contraire sur la nécessité, hors du champ hospitalier, de les porter selon que l’on voulait ou
non masquer les différentes appréciations quant à leur absence.
Ces masques sont devenus une figure imposée, un quasi passeport pour tous les déplacements, via les
transports en commun.
Les masques, dit-on, seraient anxiogènes, cachant les visages. Heureusement, les regards sont empreints de
beaucoup de bienveillance.
La traversée de cette crise soudaine a remis des pendules à l’heure. Les gagnants ne sont plus ceux qui arrivent
les premiers – mais arriver vers quoi, le temps est arrêté - mais ceux qui ont donné du temps aux autres,
s’inquiétant de leur santé et de leurs attentes.
Ainsi, La Covid a fait tomber de sombres masques, à commencer par celui de l’indifférence. Jamais, nous n’avons
autant entendu ces mots chaleureux témoignant de l’attention à l’autre et du prendre-soin de l’autre.
La tendresse a éclairé les relations. Qui ne s’est pas surpris à recomposer des numéros de téléphone joignant des
amis, voire des parents que la tyrannie du temps avait éloignés.
Ce temps ordinaire, qui nous a précipités si longtemps dans les urgences, s’est figé soudainement. Au terme de
ces 55 jours de confinement qui suivirent, d’aucuns disent avoir retrouvé une certaine liberté et surtout le goût de
la gratuité.
Ce temps perdu pour l’homo economicus ne serait-il pas devenu un temps gagné pour l’essentiel, en donnant
place aux rêves, à la culture, au partage, aux autres.
Vous conviendrez qu’il est dommage que nous portions des masques pour cacher tant de richesses.
Aussi, me suis-je mis à imaginer que nous pourrions porter des masques qui sourient et même qui rient pour ne
pas donner trop d’importance au coronavirus.
Oui, il faut nous protéger, mais la meilleure protection est de faire changer la peur de côté.
Ce virus invisible et sournois sera sûrement étonné de voir que, malgré le danger qu’il fait courir, nous n’avons
pas perdu la joie de vivre.
Ce confinement aurait pu nous abattre, nous enfermer. Eh bien, non, nous avons libéré
le meilleur de nous-mêmes, le cœur.
Allons, portons des masques qui témoignent de cette libération accompagnée d’un humour se révélant un hymne
à l’avenir !
Bernard Devert
Mai 2020

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L'émission

Le vendredi à 6h55, 12h48 et le dimanche à 7h22

Chaque semaine, dans la Matinale RCF, la parole est à l'association Habitat et Humanisme.

Le présentateur

Père Bernard Devert

professionnel de l’immobilier, prêtre du Diocèse de Lyon, a créé l’association Habitat et Humanisme en 1985, mouvement visant la réconciliation de l’économique et du social, de l’humain et de l’urbain. Habitat et Humanisme, ce sont aujourd’hui 55 associations couvrant 80 départements avec 4200 bénévoles et 1550 salariés.