Des vacances de plus en plus chères pour les Français

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L'invité de la rédaction

mardi 30 juillet à 8h10

Durée émission : 7 min

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© VALERY HACHE AFP

Au cours des cinq dernières années, 39% des Français ont reconnu être contraints de renoncer à partir en vacances l’été pour raisons financières.

C’est le constat qui ressort, entre autres, d’une étude intitulée "Les Français et les vacances d’été » de l’IFOP commandée par l’UNAT et la Fondation Jean Jaurès. "L’objectif était de mesurer la question de l’accès aux vacances et les éventuelles inégalités entre les catégories sociales, les générations, les territoires. Le premier enseignement marquant de cette étude est que 39% des Français déclarent avoir renoncé à partir en vacances d’été fréquemment au cours des cinq dernières années pour des raisons financières. C’est une proportion très importante" explique David Nguyen, directeur Conseil Département Opinion de l’IFOP. Ce premier constat s’accompagne d’une autre analyse, qui est la montée en gamme de l’offre touristique, venant à contre-pied des difficultés financières de cette partie des Français.

Dans l’accès aux vacances, l’étude de l’IFOP confirme un vrai clivage social. "Ce qui est particulièrement marquant, c’est que cela touche jusqu’à des niveaux assez élevés dans la hiérarchie sociale. 21% des classes moyennes supérieures disent avoir dû renoncer à leurs vacances d’été pour des raisons financières au cours des cinq dernières années. Dès que l’on passe aux classes moyennes inférieures, on passe à 48%. On passe donc du simple au double et on observe un vrai décrochage au sein de la grande classe moyenne, entre ceux qui peuvent encore se payer des vacances, et les autres" ajoute-t-il.

L’étude de l’IFOP révèle également que parmi les personnes qui se disent Gilets jaunes, 60% des personnes interrogées admettent avoir dû renoncer aux vacances durant les cinq dernières années. "C’est pour nous révélateur de ce qui s’est passé avec la crise des Gilets jaunes : le sentiment parmi des catégories qui ont le sentiment de travailler dur, et de ne pas avoir accès à tout un way of life français où les vacances jouent un rôle important. Quant tout le monde part en vacances, on vit le déclassement dans sa chair. C’est un sentiment de déclassement" précise David Nguyen.

À quoi ce phénomène, qui s’amplifie, est-il dû ? Pour l’IFOP, plusieurs phénomènes convergent. "La stagnation du pouvoir d’achat depuis la crise économique de 2008 et la montée en gamme de l’offre touristique. On parle ici du camping populaire, des villages de vacances qui ont longtemps constitué un débouché naturel pour les catégories populaires. On a plusieurs exemples qui viennent incarner cette montée en gamme : les terrains de camping remplacés par des bungalows etc" estime-t-il

Malgré tout, il y a des choses qui ne changent pas. "Chaque année, 60% des Français partent en vacances donc une part importante qui ne part pas, et qui n’est jamais parti. Mais on a des catégories moyennes qui partaient jusqu’à présent, et qui ne peuvent plus. Ils ne vont pas renoncer, mais essayer de trouver d’autres bons plans. Cette idée de la débrouille avec ce sentiment qu’il faudra de plus en plus essayer de trouver des solutions, des plans B quand une partie de la population n’a aucun problème à partir en vacances" conclut le directeur Conseil Département Opinion de l’IFOP.

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