Désignation du président de la Commission européenne : "La période qui s'ouvre va être très compliquée"

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mardi 28 mai à 6h41

Durée émission : 4 min

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© Yoan VALAT/POOL/AFP - L'actuel président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Paris en mai 2019

La composition du Parlement européen est désormais connue. Prochaine étape : désigner, entre autres, le président de la Commission européenne. Les négociations s'annoncent compliquées.

Les résultats des élections européennes ont un impact direct sur l’équilibre des forces de la Commission européenne, l'organe exécutif de l’UE. Un bras de fer est d’ores et déjà engagé entre le Parlement européen et les chefs d’État. Ils se retrouvent d'ailleurs tous pour une réunion informelle aujourd'hui à Bruxelles. On en parle avec Francisco Roa Bastos maitre de conférences en sciences politiques à Science Po Strasbourg.

Nous voici plus de vingt-quatre heures après les résultats des européennes et les tractations vont bon train pour trouver une majorité mais il y a un autre enjeu, peut être un peu moins évident, c'est celui de la présidence de la Commission européenne :

"Oui tout à fait, c'est un des enjeux principaux des semaines qui vont suivre avec une des principales questions, c'est de savoir si les députés européens, en tout cas leur majorité, arrivera à imposer ce système des têtes de liste, ce qu'on appelle les spitzenkandidat, qui a déjà été mis en place en 2014 pour l'élection de Jean-Claude Juncker, s'ils arriveront à l'imposer face aux chef d'États et de gouvernements du Conseil européen. "
 

Reprécisons le, le président de la Commission européenne doit être choisi dans la famille politique qui est arrivée en tête des élections européennes

"Voilà, alors tout ça c'est ce qui est indiqué dans les traités, alors c'est fragile, puisque concrètement ce qui est indiqué c'est seulement que les chefs d'État et de gouvernement du Conseil européen doivent tenir compte des résultats des élections, ou plutôt même des élections européennes, ce qui laisse la porte ouverte à une interprétation et à des rapports de force politiques assez largement. Les chefs d'État et de gouvernement peuvent, d'ailleurs certains l'ont déjà annoncé, très bien décider de passer outre, ce qui va compliquer du coup les relations avec le parlement européen qui dans sa majorité souhaiterait au contraire que ce système persiste."
 

Et puis alors il y a la présidence de la Commission européenne, on l'évoquait, mais il y a aussi le président ou la présidente du conseil européen qui doit être voté, ainsi que le Haut-Commissaire aux affaire étrangères, et la aussi ça a un certain poids.

"En fait la période qui s'ouvre va être très compliquée parce qu'on a une série de postes, ceux que vous avez nommés et même d'autres, le président de la Banque centrale européenne par exemple, qui vont être renouvellés dans les mois qui viennent, donc la nomination d'un nouveau président ou d'une nouvelle présidente de la Commission doit aussi être analysée en fonction de ce qui va se passer dans les négociations générales pour les autres postes."
 

Alors il y a déjà trois candidats, évidemment les chefs de file des trois grands groupes du nouveau parlement. On sait que le français Michel Barnier pourrait aussi se déclarer candidat. l'Italie a beaucoup à jouer sur ce coup là puisque jusqu'à présent ils possèdent justement un grand nombre de ces fameux postes clés. 

"Oui c'est vrai que effectivement les italiens pour l'instant avaient le président du parlement européen, Mario Draghi à la banque centrale évidemment, on va effectivement avoir à mon avis un changement à ce niveau là, au niveau des équilibres nationaux, puisque, les italiens, du fait de la configuration nationale de leur gouvernement seront sans doute moins soutenus que par le passé par les autres chefs d'État et de gouvernement. Tout ça est évidemment très complexe, mais je pense que plus que les candidatures nationales, il va falloir voir comment se règlent les grands équilibres par groupes de pays, notamment entre l'Est et l'Ouest."

 

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Le présentateur

Florence Gault

Journaliste à RCF depuis 2005, Florence a d’abord travaillé à RCF Méditerranée, à Toulon pendant six ans, avant de rejoindre la rédaction nationale. Globe-trotter dans l’âme, elle aime partir à la rencontre de l’autre. Ce qu’elle préfère à la radio: jouer avec les sons pour vous raconter des tas d’histoires!