"Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai" (Jn 2, 13-25)

Présentée par UA-164088

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Prière du matin

dimanche 7 mars à 5h45

Durée émission : 5 min

"Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai"  (Jn 2, 13-25)

© benny-jackson-UNSPLASH

"Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai"

Méditation de l'évangile (Jn 2, 13-25) par le père Nicolas de Boccard

Chant final: "Que ton règne vienne" par Soeur Ruth Rousseau

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche,
Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple,
ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu
nous donner
pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six
ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque,
beaucoup crurent en son nom,
à la vue des signes qu’il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux,
parce qu’il les connaissait tous
et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ;
lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.
 
Source : AELF

Méditation Père Nicolas de Boccard

L’attitude de Jésus au premier abord peut sembler déroutante : Il sait très bien qu’il est nécessaire d’avoir aux abords du Temple des changeurs, des marchands de bœufs, de brebis et de colombes, afin de satisfaire aux nombreux pèlerins qui montent à Jérusalem pour sacrifier selon les préceptes de la Loi. Jésus ne va pas s’opposer à la pratique rigoureuse de la loi mosaïque – Lui-même en est respectueux, comme l’ont-été Marie et Joseph lorsqu’ils sont venus sacrifier au Temple pour la naissance de Jésus.

Mais ce qui met Jésus en fureur, c’est de voir que ce commerce n’est plus un service du culte, mais un véritable business dont certains s’enrichissent d’une manière indue. Ils sont même venus s’installer à l’intérieur du Temple – la maison de Dieu est devenu une maison de commerce et n’est plus une maison de prière. Aussi, dans un geste prophétique, il chasse avec force ceux qui profanent le Temple. Le peuple élu – et ses autorités qui ont autorisés ce commerce – ont perdu le sens de Dieu, le sens du sacré, celui de l’adoration du Dieu unique et vrai et véritable au profit de l’argent.

Le commerce, l’argent, la finance ne sont que des moyens. S’ils deviennent une fin, ils sont alors des maitres tyranniques. On a fait hélas l’expérience dans notre société matérialiste du début du troisième millénaire : l’argent et son pouvoir ont tout emportés : la politique, l’éthique, la personne humaine, la planète. Il faut produire, ou mourir…Nous sommes devenus esclaves d’un système asservissant où l’argent a raison de tout et où les frontières naturelles ne sont plus respectées au nom du profit. On le voit dans les projets de loi bioéthiques, on en subit les conséquences sur une terre abimée. La vérité elle-même de la nature humaine n’est plus respectée, au nom de la « modernité » et d’un principe d’égalité bien commode pour ne pas la regarder. Il est temps d’ouvrir les yeux. Si cette pandémie a un intérêt, un seul, c’est peut-être justement de nous ouvrir les yeux sur l’état de nos sociétés. Il faut respecter la nature, et la première des natures – dont on parle peu – c’est la nature humaine.

Le Christ est venu restaurer la personne humaine, la libérer de ses propres démons et esclavages. Il vient remettre les choses à leur place. Si Dieu est à la première place, l’homme trouvera la sienne, ainsi que les moyens à sa disposition. Entre Dieu et l’argent il faut choisir. Une société qui a évacué Dieu – et malheureusement nous y sommes- se retournera un jour contre l’homme. Saint Augustin le disait sans détour : « l’homme qui n’a pas trouvé Dieu et comme un chien errant, un jour il retournera à son propre vomissement ».

Cette pandémie nous invite à sortir de cet engrenage, à ne pas chercher à revenir « comme avant » ce serait une erreur. C’est à chacun de nous d’essayer de vivre selon une « sobriété heureuse » sans chercher nécessairement à avoir toujours davantage.

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