"Dieu t'a fait ainsi"

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La chronique des Scouts et Guides de France

mercredi 15 mai à 6h55

Durée émission : 3 min

La chronique des Scouts et Guides de France

Ce vendredi c'est la journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Une journée qui mobilise particulièrement les organisations de jeunesse.

Vendredi, c’est la Journée mondiale contre l'homophobie

 
Le 17 mai 1990, l’organisation mondiale de la santé décidait enfin de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. Le 17 mai est donc devenu la journée mondiale contre l’homophobie et il y a encore beaucoup de travail.
Deux chiffres simplement : La prévalence au suicide chez l’ensemble des LGBT atteint 23 %, contre 4,7 % dans la population générale. Les infractions à caractère homophobe enregistrées par les services de police et de gendarmerie ont augmenté de 34,3 % entre 2017 et 2018. Ce dernier chiffre ne traduit pas seulement l’augmentation des violences mais l’augmentation des démarches : les victimes portent plus facilement plainte et sont mieux écoutées.
 
Ces deux rappels sont importants pour un mouvement d’éducation. Des phénomènes tels que l'exclusion, le mépris et la stigmatisation peuvent provoquer une perte d'estime de soi, une perte de confiance dans l'avenir et dans les autres, conduisant à une grande détresse et à des symptômes suicidaires.

Les jeunes peuvent se retrouver face à des agressions plus ou moins évidentes, plus ou moins assumées, insidieuses. On a beaucoup parlé, et c’est tant mieux, des ravages du harcèlement scolaire. L’homosexualité, réelle ou supposée d’ailleurs, augmente les risques de devenir une cible potentielle. Si les enseignants ou les éducateurs ne réagissent pas correctement, les effets peuvent être dévastateurs.

Nous devons bien sûr éduquer à la différence, au refus des violences, mais pas seulement. Il est important de ne pas présenter les mariages ou familles hétérosexuelles comme le seul horizon évident et naturel. Ne pas invisibiliser des situations qui existent, c’est aussi faciliter la construction de l’estime de soi de tous les jeunes.
 

C’est d’autant plus important dans un mouvement catholique

 
Hélas, la sphère catholique a encore plus de chemin à faire. Si le pape François a eu des propos forts – on se souvient de son « qui suis-je pour juger ? », « Dieu t’a fait comme tu es et il t’aime ainsi », ou de lorsqu’il a dit que chasser son enfant à cause de son homosexualité était un péché, les catholiques ont encore souvent tendance à voir l’homosexualité comme une maladie à guérir, comme un problème, tout en accordant beaucoup de miséricorde et de compassion.

Justement, l’homophobie commence déjà quand on occulte la possibilité d'être heureux avec une différence. Les LGBT n'ont pas tant besoin qu'on leur fasse une place comme si c'était des nécessiteux mais qu'on reconnaisse celle qu'ils ont déjà. Chacun, chacune, telle qu’il est, est une richesse par sa différence. C’est aussi le sens de ce que nous rappelait Jean Vanier qui vient de nous quitter.

Alors oui, il est essentiel de rappeler que nous voulons que chaque jeune puisse trouver dans le scoutisme notamment, mais dans tous les lieux éducatifs, un espace où chacun et chacune pourra s’épanouir sans risquer d’être jugé, brimé, agressé. Pour n’importe quelle autre mauvaise raison bien sûr, pour son orientation sexuelle en particulier.

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Le mercredi à 6h55 et 12h48

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Le présentateur

François Mandil

François Mandil est le délégué national Communication et Relations extérieures des Scouts et Guides de France.