Dopage sur le Tour de France: gare au moralisme!

Présentée par PR-23361

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L'édito de François Huguenin

mercredi 23 septembre à 7h55

Durée émission : 3 min

Dopage sur le Tour de France: gare au moralisme!

© DR

Des soupçons de dopage entachent une nouvelle fois la Grande Boucle. Selon F. Huguenin s'il est nécessaire de garantir un Tour propre, attention toutefois aux excès de moralisme.

Cela n’a pas tardé ! À peine le Tour de France était-il terminé, sur la magnifique victoire du slovène Pogacar, la veille de l’arrivée, que les rumeurs de dopage affluaient. Et puis le lendemain, la procureure de Marseille, Dominique Laurens, ouvrait une enquête sur des soupçons de dopage visant une petite partie des coureurs de l’équipe française Arkéa-Samsic. Deux membres de l'entourage du grimpeur colombien Nairo Quintana, son médecin et son kiné, sont en garde à vue, et une perquisition a été menée à l’hôtel de l’équipe mercredi dernier.

Le dopage est une plaie, hélas endémique, du cyclisme. Pourtant, dans l’avalanche des commentaires graves et sentencieux que j’entends depuis quelques jours, je ne peux pas pointer certaines ambiguïtés et un soupçon de moralisme qui m’agacent.

Car enfin, ceux qui jouent les indignés ont tout de même expliqué depuis des années que la question était résolue, que le peloton était propre, tandis que les performances continuaient à progresser inexplicablement. Tout se passe comme si, sur ce dossier, la seule réponse était de trouver un bouc-émissaire pour pouvoir passer à autre chose. Ce fut le cas avec Lance Armstrong tandis que son dauphin de l’époque, Jan Ulrich, qui a reconnu s’être dopé, a été peu inquiété. Aujourd’hui Pogacar est particulièrement suspecté et les Colombiens sont en ligne de mire. Mais, toute présomption d’innocence respectée, les autres sont-ils au-dessus de tout soupçon ? Tout le cyclisme donne des signaux inquiétants et faire trinquer tel ou tel ne réglera aucun problème de fond.

Il n’est pas évident au demeurant que le dopage dans le vélo soit moralement la chose la plus grave que le sport connaisse. Certes, il met en danger la santé des coureurs, mais il n’est pas prouvé qu’il crée de fortes injustices entre eux tant il se pourrait que, comme à l’époque de l’EPO et de l’équipe Festina, il soit banalisé. Sur le Tour par exemple, c’est celui qui avait du panache qui a gagné, et cela me paraît plus moral que lors d’autres éditions !

Je souhaite un cyclisme propre, mais on ne peut se contenter des mesurettes actuelles. Ou alors faudra-t-il avouer qu’on n’arrive pas à lutter contre ? Tout compte fait, on s’accommode de la place l’argent dans le foot et le tennis. Cela émeut moins les consciences mais me semble pourtant bien plus immoral.

 

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Le présentateur

François Huguenin

Historien et essayiste (dernier ouvrage Le Pari chrétien chez Tallandier), François Huguenin est aussi éditeur et collabore aux magazines La Vie, Prier, Le Figaro Magazine, Magnificat et Aleteia.