"Ecole de la confiance": tout comprendre sur un projet de loi qui divise

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Le dossier du jour

mercredi 13 février 2019 à 7h12

Durée émission : 7 min

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© JACQUES DEMARTHON AFP

Le projet de loi "école de la confiance" est examiné depuis lundi dernier à l’Assemblée nationale. Porté par Jean-Michel Blanquer, c’est le premier grand texte sur l’école du quinquennat.

Ce projet de loi pour une "école de la confiance" a pour ambition de répondre à deux enjeux : "élever le niveau général des élèves" et promouvoir "la justice sociale". Mais à peine arrivée dans l’hémicycle, la copie du ministre de l’Education nationale est sévèrement notée par les syndicats d'enseignants et de parents d’élèves. Premier grand thème de la loi: l’école sera obligatoire dès l’âge de trois ans contre six ans aujourd'hui. Actuellement 99% des enfants de 3 à 5 ans sont scolarisés selon le ministère de l'Éducation nationale. Mais pour Rodrigo Arenas, coprésident de la Fédération des Conseils de Parents d'Elève (FCPE), le problème de cette mesure c’est son financement.
 

Dynamiser le recrutement des enseignants

Autre mesure de ce projet de loi pour une école de la confiance: les assistants d'éducation pourront se voir confier des fonctions d'enseignement à condition de préparer les concours de recrutement, dès leur deuxième année de licence. L'objectif est de "redonner de l'attractivité au métier d'enseignant". Au total, 1.500 personnes seront concernées lors de la première année et ce nombre pourrait atteindre 3.000 en 2021. Jean-Michel Blanquer affirme que cette mesure permettra d'élargir le "vivier" de recrutement des enseignants et d'être un "vecteur d'ascension sociale". Pour Rodrigo Arenas, co-président de la Fédération des Conseils de Parents d'Elève (FCPE), c’est une mesure d’urgence qui ne règlera pas le problème du manque d’enseignants en France.
 
Sur ce sujet, Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat des enseignants de l’UNSA, pense qu’il faudra accompagner les jeunes assistants d’éducation pour ne pas les mettre trop tôt en situation difficile devant une classe. Enfin pour Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du Syndicat national des personnels de l’éducation nationale et proviseur dans l’académie de Créteil, c’est une idée pragmatique qu’il faut maintenant organiser.
 

Des expérimentations pédagogiques

Parmi les points importants de la réforme de l’école proposés par Jean-Michel Blanquer dans ce projet de loi, il y a la possibilité d’envisager des "expérimentations pédagogiques". Les écoles pourront déroger au Code de l'éducation en vue d'"expérimentations pédagogiques" sur des thèmes tels que l'organisation de la classe ou de l'école, l'utilisation des outils numériques ou la répartition des heures d'enseignement. Pour Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat des enseignants de l’UNSA, l'école ne doit pas être un laboratoire.

Rodrigo Arenas, coprésident de la Fédération des Conseils de Parents d'Elève va plus loin. Ces expérimentations pédagogiques pourraient créer des inégalités entre les écoles et les enfants. Comme pour les enfants, l’école sera elle aussi évaluée. Le conseil d’évaluation du système scolaire actuel sera remplacé par le Conseil d’évaluation de l’école "composé de dix membres... dont quatre représentants du ministre de l’éducation nationale".

En attendant, l'examen du projet de loi "sur l'école de la confiance" fait déjà beaucoup de bruit dans les rangs de l’Assemblée nationale. Un amendement rendant obligatoire, dans les salles de classe, le drapeau tricolore et le drapeau européen, ainsi que l'hymne national a été voté. Face aux protestations sur les conditions de son adoption, un nouveau débat sera organisé cette semaine. Affaire à suivre.

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Etienne Pépin

Etienne Pépin est rédacteur en chef Actualités.