Emmanuel Hirsch: "notre modernité est mise à mal par une pandémie qui nous interroge"

Présentée par UA-143305

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Le Grand Invité

mercredi 21 octobre à 8h10

Durée émission : 12 min

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© Corinne SIMON/CIRIC

La seconde vague de coronavirus s’intensifie. Le nombre de malades du Covid-19 en réanimation a fortement augmenté hier. Une situation qui pose de nombreuses questions éthiques

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Une pandémie qui révèle notre vulnérabilité

"Cette pandémie d’un autre temps nous a figés dans le temps présent". Voici ce qu'écrit Emmanuel Hirsh, professeur d’éthique médicale à la faculté de médecine de l'université Paris-Saclay, directeur de l’Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France, auteur d'un ouvrage, collectif, “Pandémie 2020 éthique, société, politique” publié aux éditions du Cerf. "Notre modernité est mise à bas par une pandémie qui nous interroge. C’est un moment historiquement intéressant, pour notre démocratie. Le défi est réel, car notre société doit se repenser, se reconsidérer" explique-t-il au micro de RCF.

"Cette pandémie est révélatrice de nos modes de vie, de nos relations à l’autre, à la vulnérabilité. En quoi une crise qui n’est pas que sanitaire, est un moment de révélation de ce que sont nos sociétés ? On doit faire des choix. Par exemple, nous avons été provoqués par le triage des malades" ajoute le professeur d’éthique médicale à la faculté de médecine de l'université Paris-Saclay.
 

Valoriser l'essentiel en période de pandémie

Conséquences de l’épidémie, les médecins se trouvent devant des choix éthiques lourds. Dans les hopitaux, notamment dans les services de réanimation. "Derrière la question du triage, il y a la question des valeurs d’une société. Ce qui est intéressant, c’est comment on hiérarchise. Notre société a plutôt valorisé ce qui était essentiel, à savoir le respect de la vie. Ce n’est pas si évident que cela à l’heure des lois de bioéthique, délétères" lance Emmanuel Hirsch.

Un point au début de cette crise en a surpris certains, amusés d’autres : la réthorique guerrière employé par Emmanuel Macron dans ces allocutions, dont le fameux "nous sommes en guerre". A la page 268, Alice Casagrande revient sur ce choix des mots. "Cette métaphore met au jour de manière insistante notre difficulté à penser la mobilisation des hommes pour un motif altruiste et courageux". "Nous ne sommes pas en guerre contre une pandémie. Ce n’est pas aussi simpliste. Cette réthorique n’a pas grand sens. Mais la vie est un combat. Il y a suffisamment de lieux dans le monde qui sont confrontés à la tragédie de la guerre pour laisser la spécificité de la lutte contre une pandémie. Je prends la pandémie, non pas comme une guerre, mais comme un moment particulier où nous devons être tous ensemble face à un défi" estime-t-il.

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