En Europe, désordre aux frontières

Présentée par PR-21246

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Regard politique

mercredi 27 mai à 7h20

Durée émission : 3 min

En Europe, désordre aux frontières

La fermeture des frontières pendant le confinement était-elle une absurdité pour protéger les populations derrière des barrières inutiles ?

Les frontières s’ouvrent doucement en Europe. Parmi les absurdités qui ont émaillé la gestion de la crise sanitaire, il en est une qui restera comme un exemple de concession aux obsessions identitaires. La fermeture durable et sans concertation, à la mi-mars, des frontières intra-européennes pour prétendre mettre les populations du virus à l’abri derrière ces barrières a été inutile. Fermeture émaillée d’ailleurs de nombreuses exceptions : les passages transfrontaliers, après quelques hésitations, sont le plus souvent restés autorisés tout comme la circulation des marchandises.

Absurdité évidente d’abord parce que le Covid-19,  comme le nuage de Tchernobyl, ne s’arrête pas aux postes de contrôle. Ensuite, en regard de leurs conséquences, la rationalité de ces décisions prises par un nombre considérable d’Etats de l’Union est restée très flottante. Elle reposait sur une représentation biaisée des réalités de terrain. Entre nations européennes, la porosité est devenue totale. Aux frontières, tout circule : les personnes, les idées, les marchandises et l’argent. Ces zones sont des bassins de vie par-delà les frontières. A titre d’exemple, en Alsace et en Lorraine, des dizaines de milliers de travailleurs passent chaque jour de l’autre côté pour aller en Allemagne ou en Suisse. Après le confinement, tout a été rendu délibérément très compliqué, notamment à cause des files d’attente.

Heureusement, une réouverture très progressive des frontières a désormais débuté. Mais dans le plus parfait désordre. La Commission européenne appelle en vain à une coordination. En France par exemple jusqu’au 15 juin, les touristes étrangers n’ont pas le droit d’entrer. L’Italie elle rouvrira ses portes aux touristes européens le 3 juin…La frontière érigée entre l’Allemagne et le Luxembourg s’est estompée.  A la différence de nombre de ses voisins, la France, d’abord indignée de ces fermetures en cascade, semble désormais traîner les pieds. Mais se plaint, haut et fort, de cette Europe à plusieurs vitesses. L’Europe est désormais un même espace. Le morcellement quand les vies quotidiennes sont si imbriquées ne sert à rien. Tant de désordres et de contradictions à l’intérieur de l’espace Schengen prouvent bien qu’il n’était pas très pertinent de fermer les frontières. Le président de l’Assemblée nationale française et son homologue allemand ont d’ailleurs appelé mardi 26 mai à leur réouverture le plus rapidement possible.

 

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La vie politique sous le regard de François Ernenwein.

Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au quotidien La Croix.