Enrico Letta: "mon rêve c'est que l'Europe devienne leader sur les grands sujets d'avenir"

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Le Grand Invité

mercredi 22 avril à 8h10

Durée émission : 15 min

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© ALBERTO PIZZOLI / AFP

Jeudi, se tiendra un conseil européen très attendu destiné à poser les bases d'un effort collectif dans l'Union européenne, pour sortir de la crise du coronavirus.

Difficile sortie de crise pour l'Italie

En Italie, deux mois affreux se sont passés. "Nous avons passé deux mois affreux en comptant les morts et en voyant le système s'effondrer. Aujourd'hui on a un peu plus d'espoir. On commence à avoir l'espoir que les activités économiques puissent revivre. On ne parle pas encore de déconfinement, mais en mai, les choses pourront bouger. Le gouvernement vient de nommer un manager à la réouverture" explique Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, et président de l'Institut Jacques Delors.

"Le début a été affreux du point de vue de la relation avec l'Europe. Des symboles se sont un peu effondrés, avec cette affaire de masques sanitaires bloqués en Allemagne, débloqués avec l'intervention de la Commission européenne. Aujourd'hui il y a une montée de l'euroscepticisme très important. Il est très important que rappeler que les activités de la Commission européenne et de la BCE vont sauver le pays" ajoute-t-il.
 

Coronavirus: "il faut une voix unique" en Europe

On a le sentiment que l'Union européenne n'a jamais été aussi divisée. "C'est un clivage dans lequel il y a un pays, les Pays-Bas, qui tiennent une position très rigide. Et c'est un pays très minoritaire. La question clé, c'est l'Allemagne. Elle va être décisive. Si elle tient la position néerlandaise, cela va être compliqué. Le virus n'est pas là dans les pays où l'endettement est fort. Il faut arrêter avec ce discours. C'est insupportable. Oui, le clivage est important, il faut trouver des solutions" lance Enrico Letta.

Demain se tient un conseil européen essentiel. "Il faut une voix unique. Il faut que les leaders s'unissent pour la relance économique européenne. Il faut mettre tous les instruments ensemble. Pour la première fois, l'Europe lance une initiative sur l'Europe sociale, chère à Jacques Delors. Cela va se passer deux mois, trois mois après le Brexit. C'est un premier signal. Il y a les fonds de la BCE pour la relance de l'économie réelle, et le recovery fund proposé par la France" analyse l'ancien président du Conseil italien.
 

La solution : la solidarité

Pour ce dernier, il n'y a pas d'autre solution que la solidarité en Europe. "Quelles sont les autres solutions ? Demander aux Américains ? Demander aux Chinois ? Non. La crise est d'une telle violence qu'il faut de la solidarité. L'Allemagne doit mettre de côté sa toute-puissance. Nous devons nous en sortir tous ensemble" estime-t-il.

Enrico Letta prend l'exemple de la crise financière de 2008. "La crise financière a été violente mais l'Europe a créé de nouveaux instruments qui fonctionnent aujourd'hui. Durant les crises, on crée de nouveaux instruments pour sortir plus fort", rappelant les trois grands domaines d'importance : la stabilité financière, l'aide sanitaire, et la relance économique et sociale.

"Mon rêve principal c'est que pour le futur, l'Europe devienne le leader des grands sujets d'avenir : l'interdépendance, les changements climatiques, les droits humains et technologiques. Nous devons avoir un leadership mondial pour le bien de la planète. Une Europe unie pourrait avoir un rôle essentiel. C'est un rêve qui doit devenir réalité" conclut Enrico Letta.

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.