Enseignement: "il va falloir faire une croix sur le dogme du programme" estime Marc Vannesson

Présentée par PR-21526

S'abonner à l'émission

Le Grand Invité

lundi 8 juin à 8h10

Durée émission : 12 min

Le Grand Invité

© DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Les plus jeunes retrouvent le chemin de leur classe. Après une période qui aura laissé des traces sur les élèves, et les enseignants.

Le confinement, une épreuve pour les jeunes générations

Pour évoquer ce défi de l'enseignement, Stéphanie Gallet reçoit Marc Vannesson, directeur général du Think tank dédié à la jeunesse, "Vers Le Haut". Il vient de publier un rapport intitulé "Education : comment éviter le retour à l'anormal ?".

Pour Marc Vannesson, ce confinement a amplifié de grandes tendances. Ce fut selon lui une épreuve très lourde demandée aux jeunes générations. Une épreuve assez inédite. Les jeunes ont été, on le sait, moins touchés par le virus, mais ils l'ont davantage été par les conséquences des mesures sanitaires mises en place. "On va avoir un poids très lourd. Il y a eu une forte solidarité intergénérationnelle qui a permis de limiter la contamination des plus vieux, grâce au confinement des plus jeunes. Il faut que cette solidarité se poursuive mais à destination de ces jeunes" explique-t-il sur RCF.
 

Transformer le tissu éducatif de demain

L'une des principales conséquences de ce confinement sur les jeunes est l'aggravation des différences de niveau. Les écarts vont se creuser, et les enseignants vont devoir s'adapter. Le décrochage scolaire faisait partie des grandes inquiétudes du gouvernement. "Il a communiqué sur un chiffre de 5 à 8% des élèves. Cela paraît assez sous-estimé. Il y a de grands écarts en fonction des situations. Aujourd'hui on n'a pas de chiffre précis, mais c'est sûr que cela ne peut pas durer plus longtemps" ajoute à ce sujet Marc Vannesson.

Dans cette crise, on a vu émerger également de nombreuses belles choses. "Beaucoup d'enseignants ont créé du lien personnalisé avec les familles et les élèves. Des enfants qui étaient toujours dans la course ont pu se poser et s'apaiser. Pour certains, cela a été bénéfique. De belles choses se sont vécues dans les familles. Il ne faut pas être complètement négatif. Mais il va falloir s'inspirer de ces réponses d'urgence pour transformer le tissu éducatif de demain" lance le directeur général de Vers Le Haut.
 

Accompagner les élèves là où ils sont plutôt que d'avancer à marche forcée

Pour Marc Vannesson, il faut que l'école arrive à s'adresser à tous les enfants, et à ne pas laisser les enfants qui ont du mal en-dehors du moule, sur le côté du chemin. Une école qui a redécouvert que les parents occupaient un rôle de premier plan dans l'enseignement des enfants. "La complémentarité permet de porter du fruit. Durant le confinement, on a dû aller chercher les familles. De cette prise de conscience, doit naître une nouvelle relation entre l'école et les familles" estime-t-il.

Les vacances d'été approchent, mais il faut déjà envisager la rentrée. "Septembre sera le rendez-vous crucial. Il va vraiment falloir que l'on développe de la pédagogie différenciée. Le gouvernement a annoncé des évaluations nationales. Il faudra peut-être faire une croix sur le dogme du programme pour ne pas avancer à marche forcée, et accompagner l'élève à partir de là où il en est. Je reste très inquiet cependant pour les élèves qui apprenaient à lire et à écrire" conclut Marc Vannesson.

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 8h10

Chaque matin, Antoine Bellier reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.