Europe : un plan de relance historique

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La chronique Économie

jeudi 28 mai à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Économie

Des négociations attendent les 27 états membres de l'Union européenne pour soutenir l'économie des pays les plus touchés par le Covid-19 : quel plan adopter ?

Des négociations ardues attendent les 27 Etats membres de l’Union européenne sur le projet de fonds de relance de 750 milliards d'euros dévoilé hier par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Son but : soutenir l'économie du Vieux Continent minée par la pandémie de Covid-19. Bruxelles s’attend à une récession «historique», avec une baisse du produit intérieur brut – la richesse produite – de 7,4% cette année, suivi d'un rebond de 6,1% en 2021. Attention, cependant, à la comparaison des deux. Quand vous perdez 7,4%, remonter du même pourcentage ne suffit pas. Il faut au moins 9%... C’est comme quand vous baissez de 50%, vous divisez par deux. Pour remonter, il faut doubler et donc +100%.

La Commission veut donc mettre 750 milliards d’euros sur la table. S’il est accepté, ce serait le plus grand plan de relance jamais lancé par l’Europe. Sur les 750 milliards, 500 doivent être redistribués sous forme de subventions, qui ne devront pas être remboursées, une somme équivalente à celle avancée la semaine passée dans la proposition franco-allemande. Le reste sera constitué de prêts aux Etats membres. Des sommes accordées sous conditions après présentation d'un plan national. Les pays les plus touchées par la crise sanitaire. L'Italie, avec 172 milliards d’euros de subventions et prêts, soit plus de 20% et l'Espagne avec 140 milliards d'euros. La France sera le quatrième principal bénéficiaire après la Pologne, avec 39 milliards, uniquement en subventions.
 

Pour aider à rembourser la dette commune de la commission, l’exécutif européen propose de doter l'UE de nouvelles sources de revenus: vente de quotas sur le marché du carbone européen, «taxe» sur les produits manufacturés par des entreprises polluantes à l'étranger, «taxe» sur le plastique non-recyclé, voire même un impôt sur les entreprises numériques. Le plan ne sera sans doute pas adopté tel quel. Car il faut l’unanimité entre les Etats. Et la tempête économique n'a pas resserré les rangs entre pays du Nord et ceux du Sud, les plus éprouvés par la crise sanitaire. Les quatre pays dit « frugaux », certains disent « radins » - les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède - défendent un soutien accru uniquement via des prêts. Il y aura donc sans doute un autre équilibre entre prêts et subventions.

La Commission espère que ce sera opérationnel dès le 1er janvier prochain. Mais outre l’aval unanime du Conseil européen, qui regroupe les chefs d’Etat et de gouvernement, il doit être voté par le Parlement européen et ensuite ratifié par les parlements nationaux. Comme le disent dans La Croix d’aujourd’hui mes collègues Antoine d’Abbundo et Céline Schoen, on saura alors si l’Union européenne, dont la devise est « unie dans la diversité », sait aussi se montrer « unie dans l’adversité » selon la belle formule d’Ursula von der Leyen, la présidente de la commission.

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Avec Vincent de Féligonde, l'actualité économique expliquée chaque jeudi.

Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde