"The Father" de Florian Zeller

Présentée par PR-30109

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La chronique Cinéma

mercredi 26 mai à 8h52

Durée émission : 3 min

"The Father" de Florian Zeller

© DR

Valérie de Marnhac revient sur le film "The Father" de Florian Zeller, qui sort aujourd'hui au cinéma. L'histoire d'une fille dont le père est atteint d’un début de démence sénile.

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Aujourd’hui c’est la sortie du film "The Father" de Florian Zeller, notre petit prodige français qui vient de recevoir deux Oscars à Hollywood ! Qui plus est pour un premier film ! C’est du jamais vu depuis Claude Lelouch en 1967, pour "Un Homme et une femme". C'est l'adaptation cinématographique de la pièce "Le père" de Florian Zeller. Il avait reçu six Molière pour sa création française, suivis de dizaines d’autres récompenses à travers le monde entier. Et qui fait partie d’une trilogie sur les planches, avec deux autres textes : "La Mère" et "Le Fils". 

Mais "The Father", c’est l’histoire d’Anne et Anthony, une fille dont le père est atteint d’un début de démence sénile. Thème qui intéresse de plus en plus le cinéma, puisque c’est aussi le sujet du film "Falling" dont on a parlé la semaine dernière. Sauf qu’ici, la situation est vue du côté du père, et que la mise en scène de Florian Zeller nous retourne totalement

Le film se passe en huis clos, dans un appartement qu’on pense être au départ celui d’Anthony. Puis par un jeu sur les décors, sur les lumières, sur le montage, on glisse imperceptiblement avec lui dans le labyrinthe de son cerveau désorienté. C’est une expérience très troublante qui nous fait progressivement lâcher-prise avec toute réalité physique, pour vivre de l’intérieur cette forme de vulnérabilité. Le film flirte au début avec le thriller. Et puis il nous embarque dans un flot d’émotions et de sensations qui renouvelle en profondeur notre regard sur la vieillesse.

Le père est joué par Anthony Hopkins qui a reçu l'oscar de meilleur acteur pour ce rôle. Il est incroyable ! Il est à la fois odieux quand il devient irascible, injurieux, violent, et en même temps il est désarmant de fragilité quand on le sent angoissé et perdu. 

À ses côtés, Anne est jouée par Olivia Coleman. C’est une immense actrice britannique. C’est elle qui joue la reine Elisabeth dans la série The Crown. Et ici, elle nous chavire le cœur, en fille aimante et blessée.

Avec cette adaptation de sa pièce de théâtre, Florian Zeller brouille encore plus les frontières entre le réel et l’imaginaire, en gardant le format du huis-clos mais sans tomber dans l’écueil de la captation filmée. Il cite comme influence picturale, pour symboliser le sentiment d’enfermement, le grand peintre danois Vilhelm Hammershoi, dont vous aviez peut-être découvert la rétrospective en 2019 au musée Jaquemart-André.

Florian Zeller parlait de la dimension "cathartique" de sa pièce. Il témoignait du besoin du public d’échanger après les représentations. Pour lui, chacun a été ou sera concerné par l’accompagnement d’un proche dans le grand âge. Et pour lui, "l’art sert à cela, à nous rappeler que nous sommes tous liés les uns aux autres, et que nous faisons partie de quelque chose de plus large que nous même"

Le film "The Father" de Florian Zeller sort en salles aujourd'hui, toujours avant 21h. 

Chronique réalisée en partenariat avec SIGNIS Cinéma.

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr