Faut-il stopper les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite?

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3 questions à

mercredi 19 septembre 2018 à 6h41

Durée émission : 4 min

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© BANDAR ALDANDANI AFP

Retour sur un débat qui agite actuellement l’Union européenne : la vente d’armes à l’Arabie saoudite, acteur principal de la guerre au Yémen.

Faut-il, oui ou non, vendre des armes à l’Arabie saoudite ? Cette question agite actuellement l’Union européenne, alors que les armes vendues, par la France notamment, pourraient bien être utilisées dans la guerre au Yémen, où l’Arabie saoudite joue un rôle clé. Un conflit responsable de plusieurs centaines de morts, et d’une situation humanitaire catastrophique.

Le gouvernement espagnol avait annoncé qu’il allait pouvoir suspendre un transfert d’armes vers l’Arabie saoudite. Il a finalement fait marche arrière la semaine dernière. Une décision officielle doit être annoncée mercredi 19 septembre sans grand espoir de retournement de situation. Malgré tout, de nombreuses ONG demandent un contrôle plus strict des exportations d’armes, plus de transparence, plus de contrôle. C’est le cas d’Amnesty International.
 

Est-ce qu’on peut dire que l’on assiste à une prise de conscience ou finalement qu’il ne s’agit que d’un jeu d’influence ?

"On voit depuis plusieurs mois maintenant un certain nombre de pays de l’Union européenne qui ont annoncé publiquement avoir pris la décision de renoncer à exporter des équipements militaires à destination de l’Arabie saoudite ou de pays membres de la coalition. Il y a des pays comme la Norvège, la Finlande, qui se sont prononcés en faveur de l’arrêt des exportations. L’Allemagne, en début d’année, a annoncé une mesure similaire. La Grèce a annulé un contrat de 300.000 obus à l’Arabie saoudite. Il y a cette prise de conscience, on est au début de quelque chose" explique ​Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer Armes et Justice internationale pour Amnesty France.
 

Pourrait-on imaginer d’arrêter de vendre des armes aux pays étrangers ?

"Non. L’enjeu du débat n’est pas là. Les États ont le droit de s’armer. C’est un fait. Si l’on voudrait arrêter de vendre des armes, il faudrait revenir aux fondamentaux du commerce international. Le rôle d’Amnesty est de dire que le commerce des armes est légal, mais qu’il ne peut pas se faire n’importe comment. Il doit se faire de façon à ne pas porter atteinte aux droits de l’homme et au droit humanitaire. Il faut qu’il se fasse dans le cadre de la légalité du droit international et qu’il ne vienne pas alimenter les souffrances des populations civiles" ajoute Aymeric Elluin.

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Le présentateur

Florence Gault

Journaliste à RCF depuis 2005, Florence a d’abord travaillé à RCF Méditerranée, à Toulon pendant six ans, avant de rejoindre la rédaction nationale. Globe-trotter dans l’âme, elle aime partir à la rencontre de l’autre. Ce qu’elle préfère à la radio: jouer avec les sons pour vous raconter des tas d’histoires!