Ghouta orientale: pour Antoine Sfeir, il ne faut pas espérer de cessez-le-feu dans les prochains jours

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jeudi 22 février à 6h41

Durée émission : 4 min

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© ABDULMONAM EASSA AFP

​Le bilan dépasse désormais les 300 morts dans la Ghouta orientale. Retour sur les causes de cet acharnement

Le Conseil de sécurité de l’ONU examine jeudi 22 février un projet de résolution pour tenter d’instaurer un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie.

Mais pourquoi le régime de Bachar el-Assad et ses alliés russes s’acharnent-il autant sur cette enclave rebelle ?

"Cette enclave est un peu à l’Est de Damas, un peu surélevée donc stratégiquement importante dans la mesure où elle contrôle la fameuse route orientale qui va à Damas. C’est pour cela qu’une concentration d’opposants s’est mise là-bas et qui de temps en temps a bombardé la capitale. C’est pour cette raison que le régime se déchaîne contre cette enclave" explique Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l’Orient.

Y-a-t-il de la part de Bachar el-Assad une volonté de marquer les esprits ?

"Ce n’est pas tellement Bachar el-Assad. C’est surtout l’État-major alaouite et les Russes qui ont toujours peur que les opposants et y compris l’État islamique, ne remontent vers la Russie" ajoute-t-il. "Le plus important, c’est Al-Nosra qui a changé de nom. Il reste fidèle à Al-Qaeda. Il y a également ceux qui sont partis de Raqqa et qui appartiennent à l’Etat islamique" précise-t-il également au sujet des rebelles enfermés dans la Ghouta orientale.

Est-ce-que les Kurdes des YPG ont négocié avec Damas ?

"Aujourd’hui il y a un rapprochement réel entre les Kurdes syriens et le régime. Ce régime ayant promis qu’on les laisserait en paix mais à l’intérieur d’une Syrie unie. Pour le moment, Bachar et ses troupes contrôlent déjà la Syrie utile, et aujourd’hui le régime voudrait étendre cette surface pour pouvoir être aux portes du désert" précise le directeur des Cahiers de l'Orient.

Antoine Sfeir conclut en affirmant qu’il ne faut pas espérer de cessez-le-feu dans les jours qui viennent. Un éventuel accord de cessez-le-feu pourrait intervenir dans les semaines qui viennent, mais tout dépend des discussions qui se font actuellement entre les Etats-Unis et la Syrie, et l’Iran, par l’intermédiaire des Russes. Mais avant un éventuel arrêt des combats, Bachar el-Assad veut récupérer le maximum de terrain possible, d’où cet acharnement.

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Jean-Baptiste Labeur