Gilets jaunes: de la violence, mais pas que...

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Le dossier du jour

mardi 8 janvier à 7h12

Durée émission : 7 min

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© AFP

Les différents Actes des Gilets jaunes font surtout ressortir la violence de certains manifestants. Il n'y a pourtant pas que ça.

Ne pas mettre de l'huile sur le feu

Au lendemain de la huitième journée de mobilisation des Gilets jaunes Édouard Philippe a annoncé lundi 7 janvier au soir sur TF1 un tour de vis sécuritaire. Le Premier ministre a annoncé une loi pour lutter contre les casseurs, qui pourra être examinée début février au Parlement. Elle permettra notamment de sanctionner les organisateurs de manifestations non-déclarées. Un fichier spécifique sera mis en place pour interdire la présence de manifestants radicaux dans les cortèges. Il faut dire que samedi dernier, l’Acte 8 du mouvement a été émaillé de violences et c’est ce que l’on retient désormais de ces journées.

La 8ème journée du mouvement des Gilets jaunes aura été marquée par une série d’actions violentes. D’abord cette spectaculaire intrusion d’un groupe à l’aide d’un engin de chantier, rue de Grenelle, dans le ministère du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Des dégradations ont également été constatées à la mairie de Rennes ou encore au tribunal de grande instance de Perpignan. Et puis ces vidéos qui tournent en boucle sur les chaînes de télévision, les réseaux sociaux comme celle de ce policier qui frappe plusieurs manifestants à Toulon où celle de cet ancien champion de boxe qui cogne à plusieurs reprises sur un gendarme à Paris. Pour le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et auteur du livre "Vous êtes filmés" (éd. Armand Colin), les médias ont tort d'accorder autant d’importance à ces épisodes violents qui ne contribuent selon lui qu’à mettre de l’huile sur le feu.
 

Tous Gilets jaunes, mais différents

Et cette attitude violente, radicalisée, de certains Gilets jaunes fait de l’ombre aux autres, plus modérés. C’est le cas de ce Gilet jaune de Toulouse. Yves Garrec est chauffeur privé indépendant et il regrette que le mouvement des Gilets jaunes ait été infiltré par "des anarchistes et des extrémistes". Il se défend de mener des actions pacifistes en faveur du pouvoir d’achat et il s’est éloigné des plus virulents du mouvement. Il témoigne au micro de Pauline de Torsiac.

Les Gilets jaunes présentent donc des visages assez divers, et qu'il ne faut pas systématiquement associer aux violences. De leur côté, certains chercheurs tentent d'identifier plus précisément ce mouvement social inédit en France. C’est justement ce à quoi travaille avec d’autres chercheurs Laurent Mucchielli. Depuis deux mois dans la plupart des villes de France, ils se rendent sur le terrain pour rencontrer ces Gilets jaunes et tenter de comprendre les raisons de leur colère.
 

L'Eglise mobilisée aux côtés de la France qui souffre

Au sein de l’Eglise de France, un évêque a lui aussi décidé d’aller au contact des Gilets jaunes. Le 7 décembre dernier, l’évêque de Montauban, Mgr Bernard Ginoux, rédige une "lettre aux catholiques et aux habitants du Tarn et Garonne qui souffrent". Il lance également un appel pour que les travailleurs retrouvent une dignité. Dès le lendemain, le 8 décembre, il décide d’aller à la rencontre des Gilets jaunes sur les rond-points. Et comme il le confie à Pauline de Torsiac, il y trouve une vrai détresse.

Pour Mgr Ginoux  il est urgent que des représentants du gouvernement aillent eux aussi à leur rencontre. Du côté de l’épiscopat français, on plaide pour que l'Église participe à recréer du lien social. Les évêques de France suggèrent que les paroisses, les chrétiens ancrées sur le territoire soient des relais pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse.

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