Gouvernement: un remaniement pour relancer le quinquennat, estime Romain Pasquier

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L'invité de la rédaction

lundi 6 juillet à 8h10

Durée émission : 7 min

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© THOMAS COEX AFP

Le nouveau gouvernement est attendu aujourd’hui, après la nomination de Jean Castex, qui succède à Edouard Philippe en tant que Premier ministre.

Un jeu subtil de nouvelles arrivées

Emmanuel Macron l’a annoncé. Le nouveau gouvernement, qui devrait être dévoilé lundi 6 juillet, sera composé de nouvelles figures, de nouveaux talents. Il ne faut donc pas s’attendre au traditionnel jeu des chaises musicales. Il faut en revanche s’attendre à un certain nombre de départs, et tout autant d’arrivées.

"Ce n’est pas très surprenant. Lorsqu’il y a une défaite électorale importante, qu’il faut relancer le quinquennat, il y a  un certain nombre de ministres fatigués qu’il faut remplacer, et d’autres qui ont montré leurs qualités qu’il faut conserver. C’est un jeu subtil de nouvelles arrivées, de nouveaux visages, de nouvelles colorations idéologiques et en même temps le maintien de poids lourds du gouvernement précédent" explique Romain Pasquier, politologue à Sciences Po Rennes, directeur de recherches au CNRS. 
 

Certains ministres sur la sellette

Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de ministres actuels semblent sur la sellette, à l’image de Christophe Castaner. "C’est l’un des ministres les plus affaiblis, les plus menacés. Il s’est trouvé dans la tourmente de déclarations qui ont affaibli sa propre administration, ses propres troupes. Il faut s’attendre à un changement même si Christophe Castaner fait partie des fidèles d’Emmanuel Macron. Il est donc possible qu’on le retrouve sur une autre mission" ajoute-t-il.

Les ministres devraient donc être connus aujourd’hui. Quant aux secrétaires d’Etat, il faudra attendre encore quelques jours. Une annonce en deux temps "pour éviter que Jean Castex ne fasse sa déclaration de politique générale avant qu’Emmanuel Macron ne s’exprime. Cela a déjà été le cas par le passé" rappelle Romain Pasquier, qui précise qu’un certain nombre de contrôles, notamment fiscaux et patrimoniaux, doivent être effectués, et que cela prend un peu de temps.
 

Un agenda énorme, et peu de temps

On a longtemps reproché à Emmanuel Macron, du moins depuis le début de son quinquennat, de mener une politique hors-sol, éloignée des préoccupations des élus locaux. La nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre pourrait changer la donne de ce point de vue là. Haut-fonctionnaire, bon connaisseur de la machine administrative territoriale, Jean Castex a dû mener la mission du déconfinement avant d’être nommé à Matignon. Il pourrait, de ce point de vue, assouplir l’image de l’exécutif dans ce domaine.

Ce nouveau Premier ministre va rapidement se confronter à quelques grands dossiers.  "Il a un agenda considérable pour le temps qu’il lui reste. Dans un an, on entrera dans la présidentielle. Il y a le Ségur de la Santé, l’économie avec la crise qui s’amplifie. Et bien sûr l’écologie qui à travers les municipales est devenue l’une des préoccupations centrales des Français. Il faudra aussi ajouter la décentralisation" conclut Romain Pasquier.

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