Guerre économique mondiale : Bruxelles contre-attaque

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La chronique Europe

vendredi 9 mars à 7h12

Durée émission : 3 min

Guerre économique mondiale : Bruxelles contre-attaque

© Pixabay

Donald Trump a annoncé vouloir taxer les importations d’acier. Cette semaine les réponses européennes ont été très claires : Bruxelles ne se laissera pas faire.

Ces menaces venant de la Maison blanche pourraient coûter un peu moins de 3 milliards d’euros aux exportateurs européens. Bruxelles a réagi très rapidement car le spectre d’une spirale infernale pour l’économie mondiale est réel. Si Donal Trump estime que les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner, les Européens répondent qu’elles sont mauvaises et faciles à perdre !

Bruxelles a réagi très vite avec trois options qu’elle se réserve de déclencher : 1. Une plainte à l’Organisation Mondiale du Commerce et elle serait surement soutenue par d’autres Etats dans le monde 2. Des mesures de sauvegarde sur l’acier, une forme de protection de son marché comme l’Europe le fait avec la Chine par exemple. Troisième volet agressif mais surement plus efficace : la menace de taxer certains produits américains. Si vous souhaitez vous offrir une Harley Davidson, ne tardez pas, leur prix risque d’augmenter…

Pour savoir si cela sera suffisant pour calmer l’agressivité américaine, il faudra suivre les réactions internes aux Etats-Unis. 55% des investissements directs étrangers américains vont vers l’Europe. Un conflit n’est jamais bon, ni pour eux, ni pour nous surtout que dans l‘esprit de la Maison blanche ce n’est pas vraiment l’Europe qui est dans le radar. Dans son logiciel, Donald Trump estime que les autres économies profitent de la bienveillance des Etats-Unis qu’il juge naïfs. Lors d’une rencontre avec Angela Merkel il se demandait pourquoi il y avait tant de berlines allemandes à New York et si peu de Cadillac dans les rues de Berlin… Rappelons qu’en janvier, le déficit commercial américain a atteint son niveau le plus élevé depuis octobre 2008. Mais les économistes s’accordent sur le fait que leur situation n’est pas alarmante car le dollar les protège.

Les Européens ont donc raison de s'inquiéter, car Donald Trump ne croit pas au multilatéralisme et vise des bras de fer individuels. Il veut négocier en face à face. Et là, les Européens ont une carte à jouer car la politique commerciale est une compétence exclusive, Bruxelles négocie au nom des 27 et peut ainsi se prévaloir d’une force collective majeure. C’est déjà bien intégré et c’est la logique qui domine dans la négociation des accords de libre-échange par exemple. La Chine ne respecte pas les règles, ou plutôt joue les marchés mondiaux selon ses propres règles, les Etats-Unis sont imprévisibles mais s’orientent vers une remise en cause de l’ordre établis, et l’Union européenne a par extension une attractivité décuplée. Mais sans être les benêts, et c’est ce que cette semaine semble démontrer. L’Europe qui protège était un slogan, ici, clairement, cela devient une réalité.   
 
 

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Le présentateur

Charles de Marcilly

Spécialiste des affaires européennes depuis plus de dix ans, Charles de Marcilly est le responsable du bureau de Bruxelles de la Fondation Robert Schuman.