Hommage à Bertrand Tavernier

Présentée par UA-169157

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La chronique Cinéma

mercredi 31 mars à 8h52

Durée émission : 3 min

Hommage à Bertrand Tavernier

© DR

Jeudi 25 mars, le réalisateur s'est éteint à l'âge de 79 ans.

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Beaucoup d’hommages ont été rendus à ce grand cinéphile, érudit et enflammé, qui disait de lui-même - c’est le titre d’un de ses livres - : "L’amour du cinéma m’a permis de trouver une place dans l’existence". Et ça a été son principal moteur toute sa vie, lui qui a été tour à tour critique, attaché de presse, assistant, scénariste puis enfin réalisateur d’une trentaine de longs-métrages.

On vient de revoir "Le juge et l'assassin", "Un dimanche à la campagne" ou plus récents, "L627" et "Quai d'Orsay". C’est toute une filmographie marquée par un très grand éclectisme de thèmes et de genres, du film historique comme "La Princesse de Montpensier", à la chronique sociale engagée, comme notamment "Ça commence aujourd’hui" sur cet instituteur dans le Nord de la France, confronté à la misère sociale de ces élèves, film qui avait reçu le prix du Jury œcuménique à Berlin en 1999.

Il y a entre tous ses films des points communs. Sans aucun doute le soin qu’il portait au choix de ses acteurs qu’il allait chercher lui-même jusque dans des théâtres, et auxquels il restait très fidèle (on peut citer Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jacques Gamblin). Ensuite son goût, très sûr, pour la musique (il a consacré deux films entièrement au jazz, "Mississippi Blues" et "Autour de minuit" qui a valu un Oscar de la meilleure musique originale à Herbie Hancock). 

Tavernier avait enfin une vraie sensibilité pour révéler la vérité des âmes, dans ce qu’elles ont de plus lumineux ou de plus sombre. Il s’intéressait profondément aux plus fragiles et aux blessés de la vie. Et si ses emportements et sa fougue ont pu déborder parfois, c’étaient en fait ceux d’un timide qui avait l’espoir, non pas de changer le monde mais de toucher le cœur des spectateurs (même "deux seulement" disait-il, ça lui suffisait !).

Bertrand Tavernier était un Lyonnais très attaché à sa ville. Il y était né en 1941 d’un père écrivain et résistant, à qui il adressa d’ailleurs un discret hommage final en 1990, dans "Daddy Nostalgie", avec Dirk Bogarde et Jane Birkin. Et ce thème de la relation filiale revient souvent chez lui, il est présent dès son premier long métrage, en 1974, dans "L’Horloger de Saint-Paul", avec Philippe Noiret, en père désarmé devant son fils accusé de meurtre.

Et c’est émouvant de découvrir que le réalisateur ouvre et ferme son œuvre cinématographique à Lyon, puisque le dernier extrait de son dernier documentaire "Voyage à travers le cinéma français", sorte de testament fleuve et de déclaration d’amour au cinéma, est tiré d’un film de Christian-Jacque, "Un Revenant", avec Louis Jouvet. Autre histoire de meurtre, dans une riche famille de soyeux lyonnais cette fois, et prétexte pour Tavernier de dénoncer une dernière fois cette société avare et conservatrice.

Tous les films cités sont accessibles via votre box ou ordinateur. 

Chronique réalisée en partenariat avec SIGNIS Cinéma.

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr