Hommage à Michel Piccoli

Présentée par PR-21104

S'abonner à l'émission

La chronique Cinéma

mercredi 20 mai à 8h52

Durée émission : 3 min

Hommage à Michel Piccoli

© Wikipedia

Homme de théâtre, homme de cinéma, Michel Piccoli est de ceux qui en décédant emportent avec eux un pan de l'histoire, une génération. Il nous reste pourtant plus de 200 films en mémoire !

Michel Piccoli disait qu’au théâtre la place et la liberté de l’acteur sont bien plus grandes. Mais il avait fini par épouser définitivement le cinéma pour les liens qu’il y nouait avec ses réalisateurs, jusqu’à devenir leur double à l’écran. On pense évidemment à Claude Sautet, à Luis Bunuel, à Marco Ferreri, dans des registres très variés on le voit, mais dont le point commun était d’oser aborder la face sombre de l’homme, par la satire dérangeante parfois. Michel Piccoli ne cherchait pas à plaire, il jouait au contraire souvent des personnages antipathiques, ambigus, ou faibles, ou lâches. Il aimait pointer les failles des puissants. Mais il y ajoutait de la fantaisie, voire un grain de folie qui donnait à ses personnages une épaisseur très humaine. C’était aussi un acteur engagé, fidèle à ses convictions qu’il a toujours revendiquées, et ses films rejoignaient les combats politiques et sociaux de leur époque, comme « L’Attentat » d’Yves Boisset inspiré de l’affaire Ben Barka.

Quels rôles principaux retenir ?

Difficile de choisir dans une filmographie de 200 films ! Je pense en premier lieu au trio qu’il formait avec Romy Schneider et Claude Sautet, et à leurs quatre films tournés en sept ans qui marqueront à jamais le cinéma français des années 1970.

Ensuite, on a évoqué ici en début de confinement le formidable « Habemus Papam » de Nanni Moretti, qui peut être relu a posteriori comme un beau testament sur le pouvoir libérateur du théâtre. Mais je retiens sinon trois films qui m’ont fait aimer Michel Piccoli : avant tout, évidemment :  Le Mépris, qui recèle bien d’autres beautés que les fesses, certes magnifiques, de Brigitte Bardot. Un conseil, si vous allez à Capri, il faut marcher au bout du sentier qui mène à la Villa Malaparte (elle est bien cachée) et rester là quelques minutes, face à la mer, admirer les trois couleurs omniprésentes dans le film : le bleu du ciel, le jaune du soleil et le rouge de la maison. C’est vraiment un lieu magique. Pour le deuxième film, je vais laisser la parole à la voix douce et mélancolique de Michel Piccoli, alias Simon Dame, dans LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT. Et pour finir, peut-être un film et un rôle qui illustrent bien ce qu’on vient d’évoquer : c’est Milou en mai de Louis Malle. Parce que le film se passe en mai 68, en pleine révolte étudiante mais dans une maison bourgeoise à la campagne, et que Piccoli y a ce mélange si particulier de liberté, de charme et de vérité des sentiments.

Les dernières émissions

L'émission

Le mercredi à 8h52

Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour où écouter la chronique Cinéma de Valérie de Marnhac !

Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr