Journée noire pour les transports en Île de France

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La chronique Économie

jeudi 12 septembre à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Économie

La journée du vendredi 13 septembre s'annonce noire pour les transports, l'occasion de revenir sur l'origine de ce mouvement

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Je suis désolé pour nos nombreux auditeurs de province, mais ma chronique sera aujourd’hui « franciliano-centrée », si je puis m’exprimer ainsi. Car en raison d’un préavis de grève déposé par l'ensemble des syndicats, la journée de demain risque d’être noire dans le réseau RATP. Noire de noir. La régie des transports incite même sur son site à « limiter au maximum les déplacements ».

Dix lignes de métro seront totalement fermées : les 2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 10, 11, 12 et 13. Sur les lignes 4, 7 et 8, le trafic sera «très fortement perturbé avec lignes et stations partiellement ouvertes uniquement en heures de pointe». Le trafic sera normal sur les lignes automatiques 1 et 14 «avec risque de saturation»...

QUE DIRE DU CÔTÉ DE LA BANLIEUE ? 

Aucun train ne circulera en heures creuses. Un train sur trois circulera en heures de pointe sur la ligne A (6h30-10h30 et 16h30-20h30) et un train sur cinq en heure de pointe sur la ligne B. L'interconnexion sera interrompue à gare du Nord. Les gares RATP seront purement et simplement fermées en dehors de ces horaires. En revanche, les lignes C, D et E, exploitées par la SNCF, fonctionneront normalement.

Pour ce qui est des bus et des tramways : le trafic sera «très perturbé». Il y aura «en moyenne» un bus sur trois en circulation sur l'ensemble du réseau. Il est prévu «en moyenne» un tramway sur deux sur les lignes T3b et T5, ainsi qu'un tramway sur trois «en heures de pointe» sur les lignes T1, T2, T3a, T6, T7 et T8.

L'INEXISTENCE DU SERVICE MINIMUM

 Contrairement à ce que l’on croit souvent Il y a simplement l’obligation pour les grévistes de se déclarer 24 heures avant le mouvement, ce qui permet à la direction d’organiser une forme de service minimum. Mais si plus les grévistes sont nombreux, plus c’est difficile. Thierry Babec, le secrétaire général de l'UNSA-RATP, le principal syndicat de l’opérateur public, espère « s'approcher, sinon atteindre » les 58% de grévistes enregistrés le 18 octobre 2007. Déjà contre une réforme des retraites d’un Nicolas Sarkozy fraichement élu. 

LA RETRAITE : RAISON PREMIÈRE DES MOUVEMENTS 

L'Unsa, la CGT, la CFE-CGC, SUD et FO appellent à s'opposer au projet gouvernemental, qui vise à créer un système unifié, et à défendre celui propre aux agents RATP. Selon le rapport Delevoye, sur lequel le gouvernement veut se baser, le « maintien des départs précoces en pension des agents de la RATP ne se justifie pas par des écarts significatifs d'espérance de vie à 60 ans ». 

En effet, ils partent en retraite à 55,7 ans en moyenne. Et 50 ans et 8 mois pour certains agents, notamment les conducteurs, contre 63 ans en moyenne pour le régime général. Et la retraite moyenne brute d’un agent ayant effectué une carrière complète est de 3700 euros, deux fois plus que celle des agents des collectivités territoriales, selon la Cour des comptes.

Ils expliquent que leurs conditions de travail sont difficiles.

Les roulants, certes. Mais la réforme Delevoye prévoit de prendre en compte la pénibilité du travail. Et comme le fait remarquer le rapport du Haut-commissaire aux retraites, l’espérance de vie à 60 ans d’un agent de la RATP est de 20 ans. La moyenne de la population française est de 22…

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Avec Vincent de Féligonde, l'actualité économique expliquée chaque jeudi.

Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde