L'Evangile, toujours du côté de la performance ?

Présentée par PR-22028

S'abonner à l'émission

L'édito de Sr Véronique Margron

mardi 30 juin à 7h55

Durée émission : 3 min

L'Evangile, toujours du côté de la performance ?

La vie de l’Église serait-elle surtout taillée pour les bien portants ? Faut-il pouvoir faire pour avoir sa place ?

00:00

00:00

Cela ne serait-il pas d’autant plus manifeste en ces temps de post-confinement où seuls les autonomes pourront se rendre dans les différents pèlerinages. Ou, simplement, quand pour vivre l’eucharistie dominicale il est souvent nécessaire de s’inscrire. Et comment ne pas comprendre tout cela qui répond à l’impératif de prudence indispensable.

Mais au-delà de cette dramatique crise sanitaire et de ce qu’elle impose, nos paroisses ne cessent de faire appel aux bonnes volontés qui pour l’accueil, qui pour la liturgie, l’animation, les comptes, le caté ou la préparation au mariage. Bref l’Église a besoin de jeunesse et d’énergie et c’est bien nécessaire pour faire vivre la communauté. Mais alors les éclopés, les bras cassés, les timides, les endeuillés et les plus aînés, que deviennent-ils ? Faut-il pouvoir faire pour avoir sa place ? Et sinon être seulement un bénéficiaire comme on le dit des associations d’aide ou des caisses d’assurance chômage ou d’allocation familiale. Un bénéficiaire et non plus un partenaire.

Comment pour de vrai, dans nos lieux et communautés ordinaires, entendre que « beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers » (Marc 10.28). Comment entendre, surtout, que ce dont il s’agit c’est bien de faire de l’Évangile une authentique nouvelle de vie pour tous et surtout pour celles et ceux que la vie, les drames, l’âge, les injustices, ont fragilisés, cassés au dehors, ou tout au-dedans d’eux-mêmes. Notre mission, notre passion, n’est pas d’abord de faire venir, mais d’aller vers tous les délaissés, d’une façon ou d’une autre. Au nom de Jésus, sauveur. Malhabiles serviteurs d’une douceur d’humanité qui vient signifier que leur place est indispensable à la respiration du monde, à la nôtre, à celle de l’Église du Christ. Ce Christ délaissé au jardin des Oliviers.
 
Si vous avons la chance de partir au cours de l’été, de prendre du repos, alors entendre que décidément, pour chacun de nous, bien portants ou non, l’Évangile n’est pas du côté de l’esprit de performance. Mais du soin et du souci pour l’autre homme.
 

Les dernières émissions

L'émission

Le mardi à 7h55

Tous les mardis dans la Matinale RCF, l'édito de Sr Véronique Margron.

Le présentateur

Sr. Véronique Margron

Religieuse dominicaine, présidente de la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France) https://www.viereligieuse.fr sur Twitter : @veroniqueop