L'extrême droite tempère ses ambitions pour les municipales

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Regard politique

mercredi 18 septembre à 7h20

Durée émission : 3 min

Regard politique

Au cœur de la rentrée du rassemblement national se trouve la question des municipales

Les élections municipales, comme toutes les élections locales,  restent en effet une épreuve pour l’extrême droite. Faute de maillage territorial puissant malgré des scores élevés aux différents scrutins, l’ex-Front national a toujours bien du mal à transformer en élus sa puissance de feu électorale : 15  communes  en 2014 alors que les ambitions étaient alors bien supérieures.

Le populisme, discours général  sur le monde, a encore bien du mal à s’incarner et à se transformer en actions concrètes et cohérentes au-delà des déclarations à l’emporte-pièce. Raison pour laquelle la gestion RN dans les municipalités conquises aux dernières élections marque, malgré quelques changements rhétoriques, une continuité par rapport à celle des exécutifs précédents.

Les tentatives de rupture radicale ont été par ailleurs souvent invalidées par les tribunaux. Ce constat a d’ailleurs nourri le message de Marine Le Pen délivré depuis Fréjus aux candidats d’extrême droite les invitant à la prudence si d’aventure ils accédaient aux responsabilités.

Cette campagne municipale du Rassemblement national se distinguera donc nettement des précédentes

Le choix tactique a été fait de porter l’essentiel des efforts dans les terres où existe quelques espoirs de l’emporter, dans le Nord-Pas de Calais, sur l’arc méditerranéen et dans la basse vallée du Rhône.
L’objectif implicite est de ne pas disperser les forces et de parier, en cas de victoire, sur une sorte d’effet domino. Conquérir une ville, puis une communauté d’agglomération, puis des cantons alentours et des sièges de député. Marine Le Pen a ainsi laissé entendre qu’il y aura sans doute moins de listes RN en 2020 qu’en 2014.

Cette réorientation touche aussi les thématiques développées

Tirant les leçons de la crise des gilets jaunes, Marine Le Pen prétend réparer la fracture territoriale et engage une bataille contre la métropolisation de la France et ses effets pervers comme le désengagement de l’Etat dans les territoires ruraux et l’effacement des services publics. Elle invite à une « démétropolisation »  de la France au contenu assez incertain.
Ce thème des territoires abandonnés reste un sujet brûlant mais le gouvernement s’en est déjà emparé, multipliant les amabilités et la concertation en direction des maires ruraux et de leurs   représentants. Rares sont ceux disposés à déléguer leur combat trans-partisan au Rassemblement national.

Les municipales demeurent donc pour Marine Le Pen une bataille nécessaire sans nourrir des espoirs démesurés.

Une sorte de position d’attente offrant l’occasion de mobiliser ses troupes avant ce qui demeure, pour elle, la mère de toutes les batailles électorales : la présidentielle. Pour laquelle, elle  n’a pas manqué à Fréjus d’estimer, devant la presse, que sa nièce et grande rivale à l’extrême droite, Marion Maréchal, est « peut-être un peu jeune ». Elle l’a implicitement critiquée pour sa pente « catho-conservatrice ».

Au Rassemblement national, les scrutins à venir, départementales, régionales, devraient tous connaitre le même sort que ces municipales. Des ambitions raisonnables, servant principalement à maintenir les militants mobilisés en vue de la prochaine présidentielle. Mais 2022 est encore loin.
 

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La vie politique sous le regard de François Ernenwein.

Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au quotidien La Croix.