L'historien Jean-Pierre Gueno

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Le Grand Invité

dimanche 18 août à 7h30

Durée émission : 15 min

L'historien Jean-Pierre Gueno

© RCF

Jean-Pierre Guéno est un spécialiste des anonymes et de la mémoire populaire. Un homme qui cherche à faire entendre non pas les têtes d’affiche de notre histoire, mais les autres.

Jean-Pierre Guéno s’est fait connaître pour avoir donné des visages et des mots aux poilus de la Grande Guerre. Il se lance aujourd’hui dans une vaste enquête pour faire entendre la parole des prêtres, leur histoire, leurs états d’âme, pour leur faire dire de quoi est fait leur quotidien. Un travail qui intervient à l’heure où la figure même du prêtre est abîmée par un certain nombre de scandales au sein de l’Eglise catholique.
 

"La mémoire est vitale"

Son travail sur la Grande Guerre est resté une expérience fondatrice pour l’historien, le début d’un fil rouge dans sa carrière. "Le terrain de mémoire est un formidable outil de dialogue intergénérationnel" explique celui qui craint que la guerre des âges, les jeunes contre les vieux, ne s’intensifie avec le temps et que les personnes âgées ne deviennent des boucs émissaires à notre époque. Jean-Pierre Guéno se définie d’ailleurs comme un passeur de mémoire. "La mémoire n’est pas une option facultative. Elle ne relève cependant pas du registre du devoir. Elle est vitale. Si vous ne vous souvenez pas, c’est comme si vous ne respirez pas. C’est bien cela qu’il faut faire passer. C’est le ciment social" ajoute-t-il.

Des poilus aux facteurs, en passant par les migrants, les soldats et les femmes, Jean-Pierre Guéno a tenté depuis vingt ans d’être le passeur de mémoire de ces personnes que l’on entend souvent trop peu. Place maintenant aux prêtres. "Le projet est vieux de cinq ans. Cela n’a rien à voir avec le buzz actuel. En même temps cela ne tombe pas si mal car il est terrible de résumer quelque corporation que ce soit à ces brebis galeuses. Chez toute catégorie d’individus, il y a des problèmes. Il ne faudrait pas résumer l’Eglise à cela. Les prêtres sont des gens qui au jour le jour s’intéressent aux autres, dans la société du tout à l’ego. Leur problème est qu’ils ne prennent pas le temps de s’intéresser à eux" lance l'historien.
 

"Il n'est pas normal que les femmes ne puissent pas dire la messe"

"Je voudrais qu’ils me confient leurs espoirs, leur passion, leur motivation, ce qui a lancé leur vocation, mais aussi leurs doutes. C’est ce que j’ai fait avec les soldats, les facteurs. Si vous gommez les doutes, vous faites un ouvrage de propagande, et ce n’est pas le but visé. Ce dont souffrent le plus mes amis prêtres, ce n’est pas tant l’abstinence sexuelle que le fait de ne pas pouvoir transmettre la vie. Je veux qu’ils s’expriment là-dessus, il n’y a pas de sujets interdits. Je n’ai pas à prendre parti, je suis un passeur" précise Jean-Pierre Guéno.

Sur la crise que traverse l’Eglise actuellement, Jean-Pierre Guéno estime que "l’obligation au célibat est quelque chose d’assez redoutable. L’Eglise a commis deux choses très tardivement : le célibat des prêtres et la diabolisation des femmes. Aujourd’hui, il y a des problèmes de vocation. Il n’est pas normal que les femmes ne puissent pas dire la messe. L’inégalité homme-femme reste quelque chose de très étonnant. Nous sommes en 2019" conclut-il.
 

Pour écrire à Jean-Pierre Guéno, dans le cadre de son travail sur les paroles de prêtres, deux adresses :

Paroles de prêtres
La Croix
18, rue Barbès
92128 Montrouge Cedex

parolesdepretres@laposte.net

 

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Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.