La biodiversité en image

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L'image de la semaine

vendredi 10 mai à 8h52

Durée émission : 3 min

La biodiversité en image

© Phosphore - Une femme nage avec un dauphin

Alors que la biodiversité est en danger, David Groison a choisi comme image du jour la Une du magazine Phosphore

DAVID, VOUS N’AVEZ PAS CHERCHE LONGTEMPS… VOTRE IMAGE DE LA SEMAINE, ELLE EST EN UNE DE VOTRE MAGAZINE, PHOSPHORE.

 
Oui, Stéphanie. Excusez-moi, hein… Mais l’actu nous a tous frappés : lundi, 450 scientifiques ont lancé une alerte sans précédent : un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction à plus ou moins brève échéance. C’est un autre journal que le mien qui a trouvé ce titre incroyablement fort : « un million d’espèces menacées par une seule ».
 

OUI, C’EST MEDIAPART, JE CROIS…

 
C’est ça. Les chiffres des scientifiques sont édifiants : 75% de l’environnement terrestre et 66% de l’environnement marin ont été « gravement altérés ». C’est notre activité humaine qui menace ainsi la biodiversité. En cause : l’utilisation des terres avec l’agriculture et la déforestation, l’exploitation directe des ressources (la pêche, la chasse), le changement climatique déjà, les pollutions et les espèces invasives – que nous propageons au gré de nos voyages. Alors, comment illustrer un tel phénomène ? Comment incarner la perte ? C’est pas facile…
 

VOUS, VOUS AVEZ CHOISI DE PLONGER SOUS L’EAU.

 
Oui, c’est une image d’une femme, maillot de bain une pièce sur le corps, masque de plongée sur le nez, tuba dans la bouche, qui nage juste en dessous d’un dauphin élégant et élancé, le nez en avant. Les deux se répondent, sont en symétrie, pris dans une même posture, un même élan, une même grâce. Ils ondulent dans l’eau des Caraïbes. On a choisi de célébrer une harmonie possible de l’homme et de la nature, une coexistence pacifique et joyeuse.
 

JE VOUS RECONNAIS BIEN LA, DAVID… MAIS TOUT LE MONDE N’A PAS FAIT CE CHOIX LA.

 
Non, c’est même une petite leçon d’iconographie journalistique. Le quotidien La Croix a choisi une chouette ou un hibou – je sais jamais. Qui plante son regard accusateur dans le nôtre. On se sent tout petit… Le Monde a choisi de se passer d’image et de faire confiance aux seuls mots : « un million d’espèces menacées de disparition, il n’est pas trop tard pour agir » en énorme. Libération cible des coupables : une grue de chantier qui balance dans les airs des thons entassés dans un filet de pêche avant de finir en boite. L’implacable industrie. Le Figaro a attendu mardi pour donner l’info et publier un imagier, à la manière des splendides planches animalières du XVIIIe siècle, conçues par le comte de Buffon : une tortue d’Hermann, un lynx boréal, un sterne arctique : une nomenclature des espèces menacées. Le Parisien Aujourd’hui en France a choisi de son côté en page intérieur un simple portrait d’Anne Larigauderie, membre du groupe d’experts qui a lancé l’alarme.
 

DES IMAGES QUI INCARNENT UNE LIGNE EDITORIALE, FINALEMENT, UN POINT DE VUE. C’EST CA CE QUE VOUS NOUS DITES, DAVID ?

 
Oui, cela semble évident quand on montre un Macron souriant ou en difficulté. Mais sur tous les sujets, le choix des images en dit long sur ceux qui les font. L’émerveillement, la culpabilité, les faits bruts, la lecture politique, la mise à distance, le regard des experts… On voit qu’on a ici plein de choix tout de même une biodiversité médiatique intéressante – tentons celle-là aussi de la préserver.
 

ET NOTAMMENT ON A UNE BELLE PRESSE POUR LA JEUNESSE. CE MOIS-CI, CE SONT TOUS LES TITRES DE BAYARD QUI SE MOBILISENT POUR LA BIODIVERSITE, DE POMME D’API A PHOSPHORE, EN PASSANT PAR YOUPI, OKAPI, ASTRAPI… ON VA LIRE TOUT CA. MERCI DAVID

 

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Chaque vendredi dans la Matinale RCF, David Groison commente une photo de presse.

Le présentateur

David Groison

David Groison est journaliste, rédacteur en chef du magazine Phosphore.