La chasse redore son image face à ses détracteurs

Présentée par PR-23358

S'abonner à l'émission

Le dossier du jour

mercredi 23 septembre à 7h13

Durée émission : 7 min

La chasse redore son image face à ses détracteurs

© DR

Face aux polémiques et aux opposants, les chasseurs œuvrent pour redorer le blason de leur pratique.

Une image fait le tour des réseaux sociaux depuis samedi : celle d’un cerf, dans la ville de Compiègne (Oise) allongé près d’un chantier. La langue pendue pour reprendre son souffle, il est exténué d’avoir fui des veneurs, des chasseurs à courre. Cette chasse également appelée "vénerie" consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens jusqu’à son épuisement pour le tuer avec un fusil. Des militants de l’association Abolissons la Vénerie Aujourd’hui (AVA) ont porté secours à ce cerf et ont filmé la scène. Le cerf a finalement pu s'enfuir grâce à l'association. "On a essayé d'écarter les chiens et de faire un minimum de périmètre de sécurité et de mettre un seau d'eau pour l'animal", raconte Stanislas Broniszewski, porte-parole du collectif.

La chasse à courre est légale en France mais ne concerne qu'une infime partie de chasseurs. Il y a 400 équipages seulement. Mais le collectif AVA veut tout de même abolir la chasse à courre. "La chasse à courre n'est pas réformable. C'est l'abolition ou rien. Il y a déjà des arrêtés municipaux mais ils ne sont pas respectés. Si personne ne voit rien, ces gens sont capables de rentrer chez vous, tuer un animal, nettoyer le sang et repartir", explique Stanislas Broniszewski. Cette chasse engendre aussi beaucoup d’accidents de la route à cause des animaux qui traversent les voies.  

Une communication qui évolue

Tous les types de chasse sont régulièrement remises en cause. N’ayant plus la côte, les chasseurs essaient de redorer le blason de leur pratique. Récemment, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a diffusé des spots publicitaires. Cette campagne de communication est incarnée particulièrement par des jeunes.

Et sur les réseaux sociaux, loin des traditionnels clichés des chasseurs, des jeunes femmes affichent fièrement leur passion. Elles postent sur Instagram des photos d’elles avec des armes et parfois des animaux qu’elles viennent de tuer. C’est le cas de Johanna Clermont, une Perpignanaise de 22 ans. Elle est devenue la première "influenceuse chasse" en Europe : elle fait la promotion de fusils et d’équipements à ses près de 130 000 abonnés. "Ça ne devrait pas être un acte politique. C'est comme quelqu'un qui va aimer aller faire du cheval ou du vélo, moi j'aime faire de la chasse et je le montre au même titre que les autres", explique la jeune femme.

L'enjeu de la régulation des populations

Soucieux de leur image, les chasseurs et chasseuses défendent souvent leur pratique en disant qu’elle participent à la régulation des espèces. Mais pour les associations de protection de la biodiversité, c’est totalement faux. "Les espèces se sont débrouillées sans nous pendant des millénaires et jamais aucun équilibre n'a été fragilisé", affirme Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement. L’association voudrait que la chasse soit plus encadrée mais pas abolie puisqu'elle représente un loisir pour les Français. 

Le 8 octobre prochain, des députés déposeront une proposition de loi à l’Assemblée nationale interdisant entre autres mesures la pratique de la chasse à courre.
 

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 7h13

Chaque matin à 7h12, un dossier consacré à un sujet d'actualité dans La Matinale RCF.

Le présentateur

Clara Gabillet