La France face au risque de peste porcine

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Le dossier du jour

vendredi 21 juin à 7h12

Durée émission : 7 min

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© Damien MEYER AFP

​La peste porcine africaine fait des ravages en Asie depuis bientôt un an. Et cette maladie contagieuse pourrait se propager en Europe.

Depuis août dernier, la peste porcine africaine sévit en Chine, premier producteur et consommateur de cette viande au monde. Quelles sont les caractéristiques de cette maladie et comment est elle arrivée en Chine ? Les explications de Jean Marc Chaumet, agroéconomiste à l'Institut de l'élevage, et co-auteur du livre La Chine au risque de la dépendance alimentaire (Presses universitaires de Rennes, 2017)

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En Chine, l’élevage de porcins est essentiellement constitué de petites structures, d’élevages familiaux difficiles à contrôler. Si les autorités chinoises tentent de reprendre en main la filière pour appliquer des mesures sanitaires, on est encore loin du compte avec comme conséquence une propagation rapide de cette maladie très contagieuse.

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Si la France n’est pas encore touchée par la peste porcine, la Belgique, de son côté, peine à endiguer l’épidémie parmi ses sangliers. Pour éviter d’être touchée, les autorités françaises ont décidé de construire une clôture le long de la frontière franco-belge. Une clôture censée stopper les sangliers venus de Belgique et destinée à faire le vide dans une zone blanche de 140 km. Par ailleurs, des mesures sanitaires ont été mises en place l’explique Gwendoline Desailly, directrice de l’Interprofession porcine des Hauts-de-France au micro d'Anne Henry.

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La France a mis en place des règles d’hygiène strictes pour éviter une épidémie de peste porcine. Des mesures indispensables mais qui ne garantissent pas à 100% la propagation de l’épidémie. Et la découverte ne serait-ce que d’un seul cas pourrait être lourde de conséquences comme l’explique Didier Delzescaux  directeur de l’Interprofession Nationale Porcine en France.

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Sur le plan commercial, la production porcine n’est pas encadrée comme c’est le cas par exemple au niveau européen pour le lait avec le système des quotas. Pour le porc, c’est le principe de l’offre et de la demande qui prévaut et c’est plutôt positif pour les producteurs de porc dans ce contexte de crise, estime Didier Delzescaux.

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Si la hausse des cours du porc est une aubaine pour les producteurs et distributeurs, c’est plus compliqué pour les maillons intermédiaires comme les charcutiers. Les industriels de la charcuterie font les frais de cette hausse des cours car "les contrats commerciaux ont été négociés avec les acheteurs de la grande distribution avant cette flambée des cours et sont valables pour un an".

La Fédération des industriels de la charcuterie demande que ces contrats soient renégociés. Depuis le début de l’année, le cours du porc a augmenté de 30% et cette inflation pourrait se poursuivre dans les mois à venir car la crise de la peste porcine en Asie n’est pas réglée. Par ricochet, d’autres viandes comme la volaille pourraient voir aussi leur prix grimper et c’est le consommateur qui risque prochainement d’en faire les frais, Didier Delzescaux.

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Pour le ministre de l’agriculture Didier Guillaume, la hausse des cours du porc doit être l’occasion pour les éleveurs de revoir leur pratiques en matière de bien-être animal et de respect de l’environnement. C’est le message qu’il leur a adressé la semaine dernière à l’occasion du Congrès des éleveurs et des représentants de la Fédération nationale porcine dans les Côte d’Armor.

 

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